Utilisons ce point qui porte peu à polémique.
Si vous allez sur le site de la ville de Bourges, rubrique Conseil Municipal, il suffit de choisir dans la liste déroulante "ARCHIVES", la date 18/12/2009 pour avoir l’ordre du jour et le résultat des délibérations de ce Conseil Municipal. Cherchez ensuite le point n° 68.
Ça vous donne ça :
68 Réseau des bibliothèques de Bourges. Vente de livres aux particuliers :
Le Conseil Municipal, après en avoir délibéré, a décidé :
par 48 voix ’’pour’’ et 1 voix ’’contre’’ (Mlle BLOT)
1. d’approuver la sortie des collections des ouvrages soigneusement sélectionnés par le personnel des bibliothèques suite à la mise en place d’une action régulière de désherbage ;
2. d’autoriser le principe de la vente au public ;
3. d’autoriser M. le Maire à fixer les prix de vente et à prendre toutes les dispositions relatives à ces actions
Il faut remonter plus haut, au point 62, pour savoir que cette délibération est présentée par Philippe Gitton, Culture et Patrimoine. Tout en bas de page, on trouve : "Pour demander le détail d’une délibération : écrire". Si on clique, on peut rédiger une demande via email à la mairie.
Mais zut ! rezut ! Mais pourquoi ne peut-on simplement cliquer sur l’intitulé du point 68 et voir s’afficher le détail de cette délibération - on ne parle même pas des débats éventuels sur ce point, mais l’affichage de la délibération telle qu’elle a été présentée au Conseil Municipal ? Philippe Bensac l’avait promis, ça fait presque un an... Mais bordel ! rebordel ! ce ne n’est quand même pas compliqué, ça ! Je crois que j’avais déjà donné exemples sur ce thème.
Alors, imaginons... On a cliqué sur le Conseil Municipal de décembre 2009, on choisit le point 68, on clique sur l’intitulé "68 Réseau des bibliothèques de Bourges. Vente de livres aux particuliers", et hop, fastoche, on voit s’afficher ça :
N° 68. Rapporteur : Philippe Gitton
[Avant exposé du point, y’a un tableau avec présents, absents, absents excusés avec pouvoirs]
RESEAU DES BIBLIOTHEQUES DE BOURGES
Vente de documents aux particuliers
Le Réseau des Bibliothèques de Bourges dispose d’environ 200 000 documents, hors bibliothèque patrimoniale.
Afin de faire vivre les collections et maintenir l’intérêt des usagers, il est nécessaire que les acquisitions soient suivies depuis leur entrée jusqu’à la sortie des collections. Une opération intitulée désherbage consiste à retirer des collections des documents selon des critères précis : doublons, documents ne correspondant pas ou plus à la demande du public... Cette opération permet de maintenir une offre de qualité tant sur la forme (état des ouvrages) que sur le fond (évolution des connaissances, renouvellement des collections).
Les ouvrages ainsi sortis des collections doivent être désaffectés à la suite de quoi ils peuvent être mis au pilon, donnés ou vendus. Dans le cas de la vente, ils n’ont plus de valeur marchande, car leur usage en bibliothèque a modifié leur aspect (couverture plastifiée, reliures maison, tampons, ...). Leur mise en vente ne constitue pas une concurrence avec le marché du neuf, ni même celui de l’occasion. Par ailleurs, ils seront marqués d’un cachet complémentaire : « exclu des collections de la bibliothèque ».
De nombreuses collectivités organisent ainsi des ventes aux particuliers. Ces manifestations sont l’occasion de valoriser les collections et d’attirer un public nouveau intéressé par l’achat de documents à bas prix.
Ainsi, le Réseau des Bibliothèques de Bourges souhaite organiser, le samedi 6 mars 2010, un désherbage. La vente de documents aura lieu sur l’esplanade de la médiathèque entre 10h et 17h :
– de 10h à 14h, la vente est réservée aux personnes inscrites dans le Réseau des bibliothèques sur présentation de la carte ;
– de 14h à 17h la vente est ouverte à tous, inscrits ou non inscrits.
Les documents proposés à la vente sont de tous les genres : documentaires ou fictions, bandes dessinées, romans et romans policiers pour adultes, ouvrages pour enfants, CD, vidéogrammes, revues. Il est ainsi proposé des ouvrages pour tous les âges, tous les goûts.
Le prix est fixé à 1€ et 2 € pièce selon le type et l’état du document.
Les séries ne sont pas fractionnables. Seuls les paiements en espèces ou par chèque sont acceptés.
Un réapprovisionnement régulier des tables de vente est assuré jusqu’à épuisement du stock. La vente est réservée aux particuliers et la revente est interdite.
La perception des recettes se fera par l’intermédiaire de la régie des recettes et les sommes imputées à la ligne de crédit 3510 - nature 7088.
Le Conseil Municipal après avoir entendu l’exposé de son rapporteur et après en avoir délibéré,
DECIDE
par 48 voix "pour" et 1 voix "contre" (Mlle BLOT)
1. d’approuver la sortie des collections des ouvrages soigneusement sélectionnés par le personnel des bibliothèques suite à la mise en place d’une action régulière de désherbage ;
2. d’autoriser le principe de la vente au public ;
3. d’autoriser M. le Maire à fixer les prix de vente et à prendre toutes les dispositions relatives à ces actions
[suit ensuite formule usuelle : Pour extrait conforme... etc., tampon et signatures]
Ça ne fait pas 1 gigaoctet ça, enfin, je ne crois pas, ça devrait passer...
Et soyons fous, imaginons encore ! En bas ce cet affichage, on trouverait "Discussion", on cliquerait et on trouverait l’intégralité de la discussion Point 68 dont j’ai citée quelques extraits.
Discussion :
– M. le Maire : C’est bon ? Madame Blot :
– Mlle Blot : Ce n’est pas bon du tout. Les bibliothèques de la ville, ce n’est pas la FNAC. Donc, de lire dans cette délibération , les termes "d’obsolescence intellectuelle", je trouve cela assez choquant. L’idée de maintenir une offre de qualité, en supprimant des ouvrages considérés par une personne donnée, à un moment donné, comment étant intellectuellement obsolètes, cela me semble incompatible.
– M. Gitton : Ce n’est pas une personne donnée, c’est un groupe qui travaille pour l’achat des documents à la bibliothèque et dans lequel nous, en tant qu’élus, nous n’avons rien à voir. Alors, oui, je pense que le mot est effectivement un peu fort.
– M. le Maire : Oui, je trouve également et je suis d’accord pour le retirer. "Obsolescence physique", on peut comprendre, mais intellectuelle...
– M. Gitton : Je pense qu’ils veulent dire que ce sont des choses qui ne sont plus demandées ou qui ne répondent plus du tout aux préoccupations du moment. On peut le dire comme ça.
– Mlle Blot : ... et qui doivent être conservées, pour être ressorties plus tard.
– M. Bedin : Je propose "Obsolescence scientifique". A la limite, cela peut décrire des ouvrages qui effectivement sont complètement dépassés. On peut écrire obsolescence scientifique, plutôt qu’intellectuelle.
– M. Gitton : On peut même l’enlever complètement.
– M. le Maire : On enlève complètement obsolescence physique et intellectuelle : il y a des doublons, il y a des documents qui ne correspondent plus à la demande du public. On enlève donc cette phrase.
– Mlle Blot : Une autre remarque : d’une de mes colistière qui participe à la Bibliothèque de rue et qui serait enchantée de vous débarrasser de plusieurs ouvrages, si jamais vous manquez de place.
– M. Gitton : Sans problème.
– M. le Maire : Il n’y a aucun problème et on peut discuter de cela.
– M. Gitton : Si ils veulent venir faire leurs courses avant qu’on vende, il n’y a aucun souci, et pour les musées aussi, si cela les intéresse.
– M. le Maire : Pas de problème. Très bien. Pour cette délibération, étant entendu qu’on a enlevé cette phrase, pas de difficulté ? Mme Blot votre "contre". Je vous remercie.
Voili, voilà, on a imaginé... Est-ce vraiment un travail de titan de mettre ça en ligne ? Ok, OK, faut sécuriser, comme dit Philippe Bensac - sécuriser quoi ? on sait pas - Mais le chef haute-technologie est tellement occupé à fibrer la ville, chaque jour...
[remarque : Le Conseil Municipal ayant décidé d’enlever l’expression "obsolescence intellectuelle", ne la cherchez plus dans la présentation du point, tel qu’il est imprimé maintenant.]