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Le vote pour toute révolte - bombix - 3 mars 2010 à 11:13

le vote est le seul acte de rébellion institutionnalisé

Y a pas contradictio in adjecto là ? Soit on accepte les institutions, soit on les conteste, par la violence éventuellement. Mais je ne vois pas bien comment une « rébellion » pourrait être « institutionnalisée ».

la démocratie est le plus mauvais système à l’exception des autres

Si vous avez mieux, faut surtout pas vous gêner et vite proposer une autre solution. Au passage, la critique révolutionnaire porte sur une forme de la démocratie, la sociale-démocratie, pas sur la démocratie en elle-même. Cette précision apportée, passons donc à votre critique de la démocratie représentative :

la preuve, il a porté au pouvoir un imposteur qui met la France en coupe réglée.

C’est une preuve ça ? En toute rigueur, malgré tous les reproches qu’on peut adresser à Sarkozy, je ne vois pas comment on peut le taxer d’« imposture ». 1) Il applique le programme pour lequel il a été élu. 2) il a été élu régulièrement, avec une avance confortable et une forte participation.

Tant que les élections titilleront les instincts les plus bas chez les électeurs, on ne peut rien attendre des urnes.

1) Ce ne sont pas « les élections » qui titillent l’électeur, mais ceux qui s’y présentent. 2) Il y a certainement une critique à faire des moyens de propagande du pouvoir actuel, au moyen des médias de masse, en particulier la télévision. Vous évitez cette critique en la reportant sur les élections. C’est une erreur d’appréciation assez grave. Vous dites d’ailleurs

Le pouvoir est financier, il ne consiste pas à bavasser dans les médias, à plastronner devant les caméras.

Je vais revenir sur l’idée que le pouvoir est financier. Mais si le pouvoir consistait justement à baver dans les médias, c’est à dire à tenir l’outil qui forge l’opinion ? « C’est sur l’opinion et sur elle seule que se fondent les gouvernements. Et ce principe s’applique aussi bien au plus despotique qu’au plus démocratique d’entre eux » (D. Hume, philosophe anglais du XVIIIème siècle, cité par Noam Chomsky, Responsabilités des intellectuels)
D’ailleurs, en voilà une belle d’opinion :

le pouvoir ne se situe pas dans la sphère politique mais dans l’univers économique où les élections n’ont pas lieu d’être mais où seuls comptent les actionnaires et la loi du pognon.

L’idée que l’économique domine le politique est précisément la pierre angulaire de l’idéologie actuelle. Avec cette idée, on justifie tout : TINA. Il n’y a pas d’alternative. Contre ça, Marx au XIXème siècle par exemple, produit une Critique de l’économie politique. L’idée, c’est que le politique doit dominer l’économique. En fait, il le domine toujours — même camouflé sous le masque de l’idéologie. La loi de l’intérêt n’est pas la loi de Newton de la vie sociale.

Et voilà comment en partant d’un appel vague à la rébellion, on en arrive à justifier finalement la situation qu’on dénonçait au départ. L’anarchisme benêt est le soupir de la créature opprimée ... il est l’opium du peuple. ;-)


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