Je ne parle pas de Sarko comme imposteur au sens où il n’applique pas ce qu’il a dit encore que "travailler plus gagner plus", son axe majeur, s’est révélé une belle fumisterie, mais au sens où il a une stature d’homme d’Etat comme moi je suis La Callas... Le fait qu’il a été élu avec une bonne marge et une bonne participation n’enlève en rien ce postulat. Cela se saurait si les premiers étaient les meilleurs...
Moi je m’en tiens au sens ordinaire des mots. Un imposteur, c’est quelqu’un qui occupe un poste qui ne lui revient pas, par tromperie. Que Sarkozy ait ou n’ait pas la stature d’un chef d’Etat, c’est une affaire d’estimation personnelle. Il reste qu’il a été élu, au poste qui est le sien, en toute régularité. Donc il est pour le moins illégitime de parler d’imposture dans le cas de Sarkozy. Dans les faits, il est le Chef de l’Etat. Si on veut être efficace dans la critique, on ferait bien de commencer par lui adresser des reproches fondés, et pas des divagations basées sur le "feeling".
Je constate que les élections sont du pipeau.
On est un certain nombre à penser que le fonctionnement actuel de la démocratie est insatisfaisant. Seulement, ce serait bien de dépasser ce genre de formules à l’emporte-pièce. Vous dites :
La démocratie n’est pas un bon système quand la vox populi ne sait pas quoi penser ou pense ce qu’on veut bien lui faire penser à coup de TF1, de gratuits, de crédits, de chômage...
La démocratie, ou la démocratie représentative ? Ce serait bien d’être un peu précis. Maintenant, si vous jugez que "la démocratie" en général ne vaut rien, c’est une opinion politique possible. Mais c’est sur cette base qu’on a justifié tous les totalitarismes, de droite et de gauche. Alors danger.
Pour l’heure, tant qu’on ne propose pas un système alternatif qui tienne un peu la route, et qui soit satisfaisant du point de vue du respect du droit des gens, c’est un peu cracher contre le vent ce genre d’invectives ...
Les élections, ce sont les électeurs et les candidats qui les font.
Un peu contradictoire avec tout ce que vous avez dit, non ?
Les médias, aussi.
Oui c’est précisément ce que je vous objectais quand vous critiquiez "les élections en général", en oubliant les conditions de leur mise en place :
« Tant que les élections titilleront les instincts les plus bas chez les électeurs, on ne peut rien attendre des urnes. »
1) Ce ne sont pas « les élections » qui titillent l’électeur, mais ceux qui s’y présentent. 2) Il y a certainement une critique à faire des moyens de propagande du pouvoir actuel, au moyen des médias de masse, en particulier la télévision. Vous évitez cette critique en la reportant sur les élections. C’est une erreur d’appréciation assez grave.
donc, quand vous répliquez :
Les erreurs d’appréciations graves je vous les laisse...
C’est à nouveau contradictoire (et très facile) puisque vous vous corrigez dans votre réponse — dans le sens précisément des reproches que je vous adresse — en soulignant le rôle des médias. D’ailleurs, à propos des médias :
Le Berry Républicain, il n’y en a pratiquement que pour l’UMP et le PS, comme si l’offre politique des Régionales se résumait à ces deux partis.
Dites moi, le BR, il est pas fait par des journalistes par hasard ? Ils n’ont aucune responsabilité naturellement dans cette situation ?
Que l’économique domine le politique n’a rien d’une idéologie. C’est un constat qui ne date pas d’aujourd’hui, ni d’hier. A moins que la politique prenne la main sur l’économique, je dis bien la politique pas les politiques, la loi de l’intérêt va primer sur la vie sociale, il n’y a qu’à voir le rouleau compresseur actuel.
Personne ne songe à nier l’emprise de l’économique. Ce qui est « idéologique », c’est de croire que c’est comme ça, par nature. Que c’est nécessaire. Qu’il n’y a rien à faire. Que les choses sont comme ça, et pis c’est tout. Bref, le discours de la gauche depuis plus de trente ans.
Ben si on veut le requinquer un peu le discours de la gauche, on a plutôt intérêt d’être rigoureux et de ne pas opposer à la droite libérale de la bien pensance, même « révoltée », qui pisse pas très haut.
A moins que la politique prenne la main sur l’économique, je dis bien la politique pas les politiques
Je suis assez d’accord. Mais il faut penser aussi à un débouché sur ce qui est effectif. Or, sauf à faire la révolution et à mettre en place la démocratie directe tout de suite et maintenant, il faudra bien en passer, en attendant, par les politiques. Pas si facile cette articulation. Voyez le Parti de gauche : le reproche principal qu’on peut faire à Mélenchon — ce n’est pas d’être un politique — c’est d’avoir privilégié la logique des politiques avant de faire droit à la politique. En clair, on doit lui reprocher son obsession électoraliste. Et le résultat, c’est que son projet est mort-né. C’est bien triste.
Juste le fait que les élections régionales ou pas, ne changent rien à l’affaire malheureusement. A moins de les invalider éventuellement par une abstention énorme...
La politique, c’est le réel, pas l’imaginaire. Le réel, c’est pas satisfaisant. C’est médiocre. C’est souvent dégoûtant. Le réel exige la résignation. Il y a une logique des préférables en politique. On ne vote pas pour quelqu’un. On vote contre quelqu’un. Et il me semble qu’il y a erreur d’appréciation à déclarer que Bonneau/Novelli, c’est du pareil au même. Personellement, je ne le pense pas. Et je sais aussi que c’est la droite qui tirera le meilleur profit de l’abstention. En conséquence de quoi, je sais ce que je ferai le 14 et le 21 mars.