Cyrano se penchant finement sur le Printemps de Bourges... La crise et la pauvreté galopantes organisées par les ultra-libéraux (avec la complicité d’une gauche "réformatrice" ?) rendraient-elles plus conscient ? Peut-être bien car son article éclairé et le joli détournement d’image de Xuedob de cette année (voir ci-dessous) abordent un problème crucial avec son bandeau "100 % GRATOS" remplaçant le "100 % LIVE" de la communication outrancière du Printemps de Bourges. On devrait désormais plutôt dire "Printemps des bourges" car le système des prix des places de ce festival, le plus subventionné de tous grâce à nos impôts, relève de la pire des injustices. En voici la démonstration : si la Ville avec les politiques de gauche et de droite à l’unisson du Conseil général du Cher, de la Région centre et de l’état, lui attribuent les yeux fermés des aides phénoménales... on serait en droit d’espérer que ce Printemps renvoie la balle aux contribuables, au même titre qu’une structure publique. Sauf qu’ici, on est dans le tout privé pour le bonheur de son PDG, Daniel Colling, qui ne se prive jamais de répercuter sciemment cette injustice et cette inégalité sur sa "politique tarifaire", comme on va le voir. Soit un couple accompagné de ses deux enfants de 16 et 17 ans, allant sur 3 concerts du PDB, par exemple, Charlotte Gainbourg, le mardi (144 € pour 4 places), Izia -Emilie Simon-Archives et Iggy avec ses Stooges, le mercredi (132 € pour la famille au complet) et enfin, Olivia Ruiz, le jeudi (120 €), soit un total de 376 € sans consommation, ni aucun joujou vendus à des prix prohibitifs, du fait même que les marchands du temple du Printemps sont littéralement rackettés par la société de Colling (les prix des emplacements sont délirants !). 376 € pour un Printemps... Faut espérer que cette famille est du type "bobo friqué" mais quoiqu’il arrive, ce budget déjà considérable n’est pas exact, du moins si l’on était rationnel, car il faudrait y ajouter la part des subventions publiques que nous payons tous, quoiqu’il arrive, à travers les impôts, soit directs sur nos salaires, soit indirects sur les produits de consommation. Est-ce suffisamment injuste pour oser critiquer le PDB ? Pas du tout ! Daniel Colling a pensé à tout, rassurez-vous, pour introduire encore plus d’inégalités... qui instituent chaque année, la "Grande foire aux places gratos du Printemps de Bourges". En effet, qui paye réellement ces 376 € pour 3 soirées au PDB ? Essentiellement les ploucs, les sans-grades, les "pas du tout branchés", les pas "copains-copines" avec Colling. Il y a d’abord tous ceux qui connaissent un correspondant et qui ont des réductions. Là, sur les 376 €, on peu descendre jusqu’à peu près 300 €. Il y a ensuite ceux qui appartiennent à la grande famille du Printemps, les correspondants, par exemple. Eux, pour services rendus (revente bénévole de billets, du moins en apparence, c’est pas mal comme système, non ? ), ils ont quelques places exonérées, c’est-à-dire gratuites ; alors des 376 €, on va passer à 140 €, au grand maximum. Au troisième degré de complicité, on a tous les employés des grands "subventionneurs publics" (Ville de Bourges, Département et Région) et du Privé (ceux du Club des entreprises du Cher) qui bénéficient de places gratos : là des 376€ initiaux, on va descendre à 190 €, c’est toujours ça de gagné car, selon la doctrine Colling, "il faut savoir remercier". Au quatrième niveau de la grande famille du Printemps, on a la quasi "aristocratie" du système, avec les professionnels de la musique, associatifs ou privés (les fameuses personnes qui se baladent sur le PDB avec une tonne de cartes colorées pendues au cou, un peu comme un grand troupeau de bovins au Salon de l’Agriculture) : ceux là, Colling les soigne beaucoup mieux, avec un maximum d’exonérations et là, on descend aisément à une quasi gratuité. Soyons honnêtes, Colling fait toujours "un peu payer" et des 376 € initiaux payés par le "bon plouc", on va arriver à 30 ou 40 € pour les pros, c’est bien normal, là encore : "faut savoir se faire des amis" ! Enfin, dernier degré suprême du système Colling et de sa politique tarifaire très évasives, en apparence : les grands politiques, Tous, sans exception, de droite, de gauche (surtout de gauche !), les extrêmes, les centristes, tous ! Pour eux, Daniel a tout prévu car ce sont bien eux qui votent nos impôts et leur reversement à sa société privée du PDB : là, ça atteint la gratuité totale et des 376 € du début, on arrive à 0 euro avec en prime, quelques soirées privées très sympas devenues quasi mythiques qui durent "jusqu’à pas d’heure" avec les stars et le show biz. Dans notre région, dans notre département, dans notre ville, tous les politiques "débutants" savent bien qu’en étant élus, ils accèdent au droit suprême d’être "bien gentil" avec Daniel Colling et son Printemps car, en échange, ils vont avoir droit à de sacrés avantages ! C’est comme ça, le patron du Printemps a toujours fonctionné avec cette stratégie basique qui se contre-fout de toute les législations sur les prix à la consommation : bien soigner ses élus, ça aide à convaincre de voter les yeux fermés des aides délirantes ! Voilà comment fonctionne le système tarifaire très inégalitaire du Printemps de Bourges pour s’assurer un "soutien sans faille de la part des élus". Une politique tarifaire injuste, complexe, disparate à la limite de la légalité, direz-vous (dans le domaine de la consommation courante, on passe rarement de 376 € à... rien du tout !) ? Mais cette apparente complexité répond clairement à une stratégie de Daniel Colling qui inclut le fameux "Club des entreprises du Cher" avec son stand de l’Espace pro très fermé mais très apprécié par tous ceux qui font, chaque année, la fameuse Course aux exos , c’est-à-dire aux rachats à bas prix des invitations gratuites distribuées généreusement aux élus et aux élites patronales du Cher. Finalement, on conclura cette longue réponse - mais le sujet le méritait - en reconnaissant tout de même que le Printemps de Bourges de monsieur Colling a toujours été "en phase" avec notre société contemporaine fondée sur le fric... en donnant un reflet très contrasté d’un monde toujours plus inégalitaire !