Ça se dit : bof, bah, ça doit être partout pareil avec les autres villes où se déroulent un festival. Tss, tss, le premier chapitre de ce rapport est intitulé : "Des ressources et un support juridique atypiques." On est donc pas dans le ailleurs-ça-doit-être-pareil.
Après avoir rappelé une étude ayant établi une image moyenne des ressources des divers festivals de France, la Chambre écrit : « Au regard de ces données, les ressources du "Printemps de Bourges", soit environ 35 millions, sont atypiques, tant en raison du poids prédominant des recettes propres que de la structure des aides publiques et privées. » Et alors que de 1986 à 1996, la part de l’Etat dans les subventions publiques est passée de 50 % à 26 %, la part de la ville de Bourges est passée de de 22,5 % à 45 %. « Le retrait de l’Etat a donc été compensé essentiellement par la ville de Bourges mais également par plusieurs fonds de soutien et organisations professionnelles qui ont pour objet de collecter et redistribuer différentes taxes parafiscales, et dont le fondateur du festival, Daniel Colling, est, par ailleurs, membre actif. »
En 1991 et 1992, l’association des amis du "Printemps de Bourges" (siège social situé dans les locaux berruyers du "Printemps de Bourges", présidée par F. Clavel, secrétaire général de la SARL du "Printemps de Bourges") a bénéficié d’une subvention de la direction départementale de la jeunesse et des sports (DDJS) de 1 000 000 F et 200 000 F. Cette subvention a été intégralement reversée à la SARL "Le Printemps de Bourges". « La chambre estime que, dans ces circonstances, l’association n’a fonctionné que comme un intermédiaire interposé au bénéfice de la SARL qui ne remplissait pas les critères d’éligibilité aux subventions de la DDJS. »
Printemps de Bourges, y’a bon pour Bourges
Les partenaires publics locaux se réunissent plusieurs fois par an pour s’attentionner à l’organisation du Printemps de Bourges « ainsi qu’aux retombées médiatiques auxquelles leur conventions d’aides et de subventions leur donnent droit [...] . Aucune étude sur les retombées économiques et financières du festival pour la ville de Bourges ne semble avoir été entreprise. »
Un festival géré par une SARL, en monopole
Le festival, d’association autonome est devenu une SARL en 1986 (alors que c’est uniquement en 1988 que la loi permit de gérer une entreprise de spectacle sous forme de SARL). « la société "Le Printemps de Bourges" semble être une des rares sociétés à responsabilité limitée subventionnée par des bailleurs publics, au titre de la culture. »
Toujours selon la loi : une habilitation spécifique du directeur de l’entreprise de spectacle ne peut être accordée à un candidat qui, d’une part dirige soit directement, soit par personne interposée, une ou plusieurs autres entreprises de spectacles ou qui, d’autre part, agit pour le compte d’un tiers qui serait lui même directeur d’une entreprise de spectacles. La Chambre relève l’imbroglio en contradiction flagrante avec les règles : « Or, Daniel Colling est gérant de la SARL "Le Printemps de Bourges", président de l’association Réseau Printemps, qui organise les sélections des découvertes du "Printemps de Bourges", président-directeur général de la SA Daniel Colling Productions, société de production de spectacles et inventeur des salles Zénith (où Daniel Colling est partie prenante à la gestion). »
Du coup, dans ce dédale : « La chambre, pour sa part, constate que ces sociétés et associations, dans lesquelles le fondateur du festival joue un rôle manifeste, bénéficient de refacturations des frais de la SARL "Le Printemps de Bourges". [...] Les refacturations représentent ainsi le troisième poste de dépenses derrière les frais de personnel et les achats de spectacles. »