Quand j’ai lu votre article, j’ai pensé à une provocation, une (mauvaise) blague, un poisson d’avril...
Voyons, Bombix, vous saviez - j’espère - que toucher à Jean Ferrat à peine un mois après sa mort, ne pouvait que faire jaillir des réactions affectives de gens blessés. Ou alors, que comprenez-vous au genre humain ?
Pour ma part, Ferrat a accompagné mon enfance, mon adolescence, ma jeunesse pour de multiples raisons, dont des raisons politiques effectivement, mais pas seulement. Et quand j’ai appris ce samedi-là sa mort, j’ai pleuré, comme on pleure un être cher, comme on pleure un de sa famille. Certains peuvent en rire, d’autres ne pas comprendre, mais je dénie à quiconque le droit de juger.
Je ne vous reproche pas de ne pas être un "fan" de Ferrat. Vous en avez parfaitement le droit bien sûr. Ce que je vous reproche, ce sont les mots qui sonnent comme des insultes, ce sont les cautions derrière lesquelles vous vous réfugiez, ce sont les généralisations abusives que vous assénez. Alors que vous pouviez tout à fait dire ce que vous pensiez au moins en assumant vos propos, en disant "Je".
Les mots ? "messages simples" : je comprends "simplistes" quand ils sont suivis de "naïveté manichéenne", "bornée", "formater des militants". Analyse ô combien perspicace, belle idée de l’engagement communiste que je laisse à l’appréciation des lecteurs de cette "sensibilité" et qui s’y retrouveront probablement !
Les cautions ? Léo Ferré : "Un poète ne doit pas faire de politique" ... et pourtant le grand Léo, que j’admire, a chanté "Les anarchistes" et "Ils ont voté et puis après" (et c’était très bien vu).
Caution toujours, Le Maitron. C’est le pompon, la cerise sur le gâteau, le nec plus ultra de l’analyse fine d’historiens (?) qui se mettent à faire de la critique musicale (et un peu politique, n’est-il pas ?). Le Maitron donc, de reprendre le "manichéisme" que vous mettez décidément à toutes les sauces. Pour le Maitron, le pauvre Ferrat, "sans qu’il en eût (appréciez le subjonctif, très littéraire) conscience", était manipulé par le grand méchant PARTI. Faut-il pleurer, faut-il en rire ?.
Les généralisations ? "Ferrat...agaçait" Ah bon ? Qui ça ? Vous ? d’autres ? Oui, sans doute. C’est peut être bien tout à son honneur. "Quand la poésie ou la chanson servent la politique, le résultat n’est jamais très heureux" : belle leçon à mettre sur les tableaux noirs en guise de morale, sujet de dissertation en classe de première, qui reste à démontrer. Je passe sur les "on" : on est un imbécile, c’est bien connu, et votre article en est farci, de ces "on" qui englobent parfois je ne sais qui, parfois je ne le sais que trop.
Réponse "d’humeur", comme on dit, à un article que je juge en partie déplacé et pas honnête. Même si par ailleurs vous reconnaissez - avec une pointe de condescendance tout de même - des mérites à Ferrat, même si je suis en accord avec d’autres parties de l’article, il reste que les "petites phrases", les expressions assassines et perfides restent et laissent à la lecture que j’en ai faite un goût d’amertume et une certaine colère.