Si on glose sur le vers d’Aragon, autant le citer tel quel : "L’avenir de l’homme est la femme"
Oui, enfin, ça ne change pas beaucoup le sens. D’autre part, c’est le vers de Ferrat qui est entré dans la mémoire collective. C’est donc bien lui qui doit être commenté.
Je suis toujours amusé par cette astuce rhétorique qui consiste à invalider un commentaire au nom du contexte. "Le contexte", "le contexte vous dis-je !" Bon. Il est certain que certaines phrases ne sont intelligibles qu’à la lumière du contexte dans lequel elles s’insèrent. Mais dans ce cas, c’est au contradicteur de rappeler ce contexte, d’évoquer une totalité de discours qui permet d’avoir une perception juste de son sens. Mais hurler "le contexte, le contexte" sans plus, c’est ni plus ni moins que de l’intimidation.
Dans un autre contexte — c’est le cas de le dire ! — on avait vu Bensac manipuler le "contexte" devant Sabine Blanc et Julien Debord, dans un mémorable débat vidéo au Berry Républicain. Non sans succès d’ailleurs ... puisque Monsieur 1Go avait ainsi fermé la bouche à sa contradictrice en faisant un usage terrorisant de ce mot magique, "le contexte", ce qui lui permettait de ne pas assumer publiquement des déclarations par ailleurs fort claires et intelligibles.
Car il faut le dire, certaines paroles sont parfaitement intelligibles par elles-mêmes. "La femme est l’avenir de l’homme", c’est une formule, un mot d’auteur, une sentance ... voire un apophtegme. On peut tout à fait légitimement la prendre pour point de départ d’un commentaire puisque le propre d’une formule de ce type, c’est d’énoncer un jugement, de ramasser en quelques mots un point de vue sur une question.
Dans le cas précis, on est plutôt en présence d’un slogan d’ailleurs. Une formule qui bouche la pensée, plutôt qu’elle ne la provoque.