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Une programmation d’équilibriste - Charles-Henry Sadien - 11 avril 2010 à 12:41

PS : La fréquence de retour de certains artistes frise le copinage voire le dépasse mais ne soupçonnons pas la bande à Colling d’être une mafia...

Bon, c’est le petit monde des professionnels de la musique et comme dans la mode ou le cinéma, on a des amis avec qui on travail plus souvent. Il y a donc évidemment du copinage.

Juste un lien :

http://www.tsugi.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=2291&Itemid=9

A la question « Votre coup de cœur musical du moment ? », M. Daniel Colling, répond, sans rire : « Izia ». Il ne précise pas qu’il est le producteur de Izia. Que Izia est la fille de Jacques Higelin. Que Jacques Higelin a pour producteur... Daniel Colling. Qu’il est écrit partout qu’Izia a fait ses débuts et a été « révélée » au... Printemps de Bourges. Dont le directeur est... Daniel Colling. La boucle est bouclée.
Après ça, je ne m’étonne pas que l’on trouve encore des gens qui banalisent l’affaire Jean Sarkozy, pistonné par son papa, en invoquant le fait que « mais tout ça, c’est comme partout ! ». Moi, je n’excuse pas ou ne banalise pas ce genre de pratiques sous prétexte que c’est partout pareil.

Par ailleurs, il n’est pas évoqué dans cet article le changement radical d’esprit de la programmation qui s’est opéré depuis bien longtemps. A l’origine, le PdB avait pour vocation de révéler les artistes de demain. Aujourd’hui, il se contente de vouloir "refléter les tendances du moment". Il en résulte une programmation racoleuse (contrairement a ce qui est estimé dans l’article) qui se contente de réunir d’une part ce qui a été encensé par les quatre ou cinq magazine musicaux professionnels "leaders d’opinion" (encore qu’il y aurait beaucoup à dire sur le professionnalisme de ce type de presse, et je sais de quoi je parle) et d’autre part ce qui a recueilli un succès auprès du public.

Ce qui explique que lorsqu’on regarde les programmations précédentes, on se remémore une myriades d’artistes qui avaient été présentés comme des révélations et comparés aux plus grands groupes de l’histoire du rock... et qui finissent trois ou quatre ans plus tard aux oubliettes.
Bref, la programmation est volatile, et futile.

De plus, le simple fait de dire que le PdB a pour vocation de refléter les tendances du moment contredit un autre argument qui est mis en avant pour la programmation : celui du raccourcis énorme qui consiste à dire "qu’il y en a un peu pour tout le monde au Printemps de Bourges". Dans le champ des musiques dites "commerciales", il n’y a pas cette année de concert de metal (un groupe sur facebook s’est constitué pour le regretter) et de soirée reggae, par exemple. Mais de nombreux courants musicaux, beaucoup plus marginaux car non commerciaux et n’intéressant pas la presse musicale grand public, sont totalement écartés.

On nous répond que ces courants n’entrent pas dans les cordes et la philosophie du PdB qui se penche sur les musiques dites "populaires" (pas de jugement de valeur : les musiques "populaires" du PdB sont assez souvent aussi intéressantes que celles qui sont plus "pointues" voire "élitistes"). Ok, pas de problème, c’est un choix artistique qui se respecte. Mais dans ce cas, il ne faut pas dire qu’il y en a pour tout le monde. Ce n’est pas un drame de le dire : cette idée préconçue est tout simplement fausse.


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