Eulalie,
Je suis sincèrement désolé de ne pas réussir à vous faire saisir le raisonnement. Toutefois, je vais m’y employer une dernière fois (après je passe à d’autres activités).
A la lumière de votre dernier message, je pense avoir saisi une équivoque.
La critique qui est faite n’est pas réservée aux seules éoliennes. Elle peut s’étendre, de la même façon, à toutes les nouvelles sources d’énergie.
Pourquoi cela ?
L’argumentation repose, en premier lieu, sur une prémisse (que l’on peut bien sûr contester !)
Notre monde est pris dans un développement qui mène au désastre écologique et social.
Par développement, j’entends un processus dynamique, échappant pour une large part à la conscience et à la volonté des être humains, qui se traduit par une complexification croissante de la société et, incidemment, par une administration de plus en plus totale de la nature et des êtres humains.
J’insiste sur le fait que ce développement nous emporte comme une pierre descend la montagne. Autrement dit, que ce développement n’est pas le fruit d’une réflexion consciente d’une humanité faisant elle-même son Histoire mais bien plutôt le résultat des gestes de tout un chacun, sans qu’aucun plan d’ensemble n’ait été établi. Comme par la force des choses, en somme.
Quant à la source de cette dynamique, je la cherche encore. Est-ce : les rivalités entre les hommes ? Entre les Etats ? Une autonomisation de la sphère économique et un Capital devenu sujet automate (MARX) ? Bref le Capitalisme ? Un système technicien, lui aussi, autonome (ELLUL) ? Une façon de résoudre des problèmes auxquels doivent nécessairement se confronter toutes les civilisations (TAINTER) ? Le projet d’une Oligarchie (Ca je n’y crois pas !!) ? etc. etc. Pour autant, je constate cette dynamique (et ses effets) et la considère comme réelle. (Encore une fois on peut ne pas être d’accord.)
Ceci admis, la stratégie consiste à freiner ce développement par tous les moyens ou presque (j’exclue bien entendu tous les moyens violents !).
Or, sur quoi repose matériellement ce développement ? Deuxième prémisse :
Le développement, pour se faire, nécessite de l’énergie (et toujours plus).
La combinaison de ces deux prémisses me donne ainsi à penser que développer, aujourd’hui, les ressources d’énergies serait comme mettre la charrue avant les bœufs.
Tant que la dynamique qui conduit au développement n’aura pas été pas abolie, toute énergie supplémentaire contribuera en effet au développement et donc à l’avènement du chaos. Je ne vois pas, en effet, comment il serait possible d’empêcher la mobilisation de ces énergies par le « système » alors que nous maîtrisons absolument rien collectivement. (Il n’y a cas jeter un œil sur les bourses en ce moment…) Autrement dit, les nouvelles sources d’énergie (éolien et le reste) ne s’opposent en rien, en elles-mêmes, au développement. Au contraire, elles l’alimentent alors qu’il faudrait le freiner !!
La stratégie consisterait plutôt à mettre les bœufs en premier et donc de commencer par mettre à bas cette dynamique mortifère qui nous entraîne. (Mais c’est vrai que c’est pas gagné…)
Par ailleurs, il résulte, comme corollaire de ce qui précède que tout ce qui concerne les économies d’énergie ne constitue en rien, par elles-mêmes, une façon d’empêcher la catastrophe écologique qui menace (A supposer, que celles-ci ne soient pas plus que compensées par l’effet rebond….) ni non plus les tentatives d’autosuffisance énergétique, car moins nous consommons d’énergie et plus il y en a de disponible pour l’armée, l’industrie, etc.
Enfin, il est vrai que l’éolien a ceci de particulier qu’il permet de faire du green washing à bon compte.
Voilà, j’espère que tout cela est plus clair. En tout cas, j’aurai fait ce que je pouvais.
Ceci étant, je le répète, je conçois que l’on puisse avoir un avis différent !