Je n’ai pas le sentiment qu’Eulalie ait développé un argumentaire spécialement pro-éolienne. Elle interroge en revanche l’argumentaire des organisations et des discours anti-éoliens. Ce en quoi elle a plutôt raison.
Ce qu’on peut dire en l’état actuel de la connaissance du dossier, c’est que les éoliennes contribuent à défigurer les paysages — c’est une pollution douce, mais une pollution tout de même — qu’elles produisent une énergie "propre", mais qu’elles sont totalement insuffisantes pour couvrir nos besoins énergétiques. Qu’elles servent aussi d’alibi à des sociétés très engagées dans le nucléaire, qui se refont une image écolo à bon compte. Que leur installation est une affaire juteuse et que les motivations pour les installer n’ont pas grand-chose à voir avec la conscience écologique et la protection de l’environnement.
Cela suffit-il à les condamner ? La bonne question serait plutôt de se demander qui peut aujourd’hui se passer, ou même simplement diminuer sa consommation d’énergie électrique. Observons nos façons de vivre, chacun d’entre nous, et tirons les conclusions.
On a pu voir hier soir sur Arte un très beau documentaire : Tchernobyl, une histoire naturelle. Je ne sais pas s’il est encore disponible sur le site de la chaine, mais je recommande à tous de le voir. Le thème : des scientifiques observent depuis 20 ans la façon dont la faune et la flore résistent à l’empoisonnement radioactif dans la zone interdite de Tchernobyl. Et bien surprise !, les choses se passent plutôt bien. Ou l’on voit in vivo les capacités de résilience des milieux naturels. Non seulement la nature résiste mais elle reprend du poil de la bête. Les écosystèmes se reconstituent. On voit réapparaitre des ours, des loups ... des espèces qui avaient disparu, comme ce cheval très rare, menacé d’extinction, et qui prospère dans cette zone.
Bref, la nature a des défenses. Pas contre tout. Pas contre l’homme. Elle résiste aux radiations (et quelle radiations !) mais on menace à nouveau cette zone par le projet d’en faire une immense poubelle de tous les poisons de Russie. Il y a un type qui se bat pour faire classer le site comme milieu naturel protégé.
Morale de l’histoire : un poison pire que la radioactivité : l’homme. Message aux "humanistes".