Bonjour Eulalie,
Je m’excuse d’avoir oublié de mentionner mon pseudo. Il n’était nullement dans mon intention de me faire passer pour un autre ;-)
Petite précision sur ce que j’entends par parole et vécu personnel. J’utilise « parole » à défaut d’autre terme et ma petite digression avait justement pour but de clarifier l’usage que je faisais de ce mot.
Je ne dis pas que toutes les réflexions prennent leur source dans l’expérience personnelle. Je tire moi-même, par exemple, beaucoup de mes réflexions de livres que je lis. Toutefois, la nuance que je fais est la suivante : lorsque j’énonce une réflexion je ne parle pas nécessairement. Je ne parle uniquement que lorsque les deux points suivants sont simultanément satisfaits :
1) J’ai fait mienne cette réflexion. C’est-à-dire lorsque, je l’ai ressentie, vécue avec mon corps, ou encore comprise profondément, intérieurement
2) J’adhère à cette réflexion. En un sens cette réflexion fait partie de moi. Elle me constitue car en donnant forme (sens) au monde dans lequel je vie elle me modèle en retour.
Autrement dit la parole est un acte qui mobilise l’ensemble des ressources de mon corps et incarne donc un je-ne-sais-quoi de personnel. Je peux vocaliser une suite de phonèmes dont l’articulation et l’enchaînement produiront du sens pour mon interlocuteur (par exemple une réflexion) sans toutefois qualifier ce fait de parole.
Je ne sais si je suis clair ? Je dois vous donner l’impression que j’ergote, mais c’est uniquement du au fait qu’il m’est assez difficile de l’exprimer.
Concernant les mouvements anti-capitalistes, je ne dis pas qu’ils sont les fourriers de l’antisémitisme (je suis sur ce point en désaccord avec Moishe Postone qui voit carrément, dans nombre de ces mouvements, un antisémitisme latent stricto sensu alors que cet auteur est très stimulant par ailleurs.). Je me borne juste à constater une similitude dans l’analyse-donnée-à-voir (que celle-ci soit issue d’une volonté délibérée de tromper, de manipuler, (Hitler y croyait-il ?) ou, au contraire, donnée de bonne foi parce que reposant sur une analyse, à mon avis, insuffisante (certains mouvements de gauche)). Quelle est-elle ? Et bien je dirai :
L’identification du système, ou, plus modestement, des causes de ses dysfonctionnements, à l’une de ses composantes interne à savoir, plus précisément, un ensemble d’individus partageant une certaine qualité (au sens très large : Fonction, race, sexe, etc.) permettant ainsi la personnification du système (ou de ses dysfonctionnements).
C’est, en fait, tout ce que je souhaitais souligner.
Alors quels sont les mouvements politiques usant de ce type de discours ? Il n’y en a que trop ! Je vous laisse chercher ! Mais disons déjà tous les mouvements gravitant autour de la « théorie du complot ». Là c’est clair ! Y’a un groupe de méchants, cachés dans l’ombre, qui pilote la planète. Ceux-là personnifient notre malheur. Mais également ceux qui se bornent à identifier la cause des problèmes à la classe gouvernante dans sa globalité. Ou, version plus restreinte, à un parti (Discours du type « C’est la faute à l’UMP ! »). Ceux qui conspuent les spéculateurs et les représentants des grandes institutions internationale, FMI et consorts, (ATTAC ?) etc etc.