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Ca servira à rien, mais faut y aller - Cyrano - 30 juin 2010 à 18:03

Eh bin, Mozi, heureusement que c’était « ultra synthétique »... ;-) J’écrivais que le sujet c’était l’attaque du gouvernement contre les retraites. Vous me répondez : crise de civilisation, mode de vie, saut qualitatif dans les revendications politiques, direction du type anti-économique. Tout ça pour une manif ? non, bien sûr, ok : vous cherchez des réponses là où elles n’ont pas raison d’être.

Croyez-vous que les gens sont venus manifester pour ce qui était écrit sur les tracts des divers syndicats ou partis ou associations ? Vous vous trompez de moment : ces manifs sont contre le projet retraites du gouvernement. Nous ne sommes pas en position d’attaque (avancer des revendications), nous sommes en position de défense : on ne veut pas du projet dégueulasse du gouvernement concernant les retraites.

Pour vous, cette manif du 24 juin avait un « goût amer » même si c’était une belle mobilisation [nous étions environ 5.500] et vous ne vous retrouvez pas dans les revendications que vous classifiez comme une soupe idéologique de gauche. Ces revendications seraient des illusions et il serait dangereux de leurrer les gens avec. Vous répondez même à Pascale que vous vous êtes senti désespéré après cette manif, parce qu’elle ne répondait pas à la question "que faire ?"

Vous semblez méconnaître ce que peut être une manif : on n’y va pas pour proposer un programme, car alors, chaque groupe, chaque homoncule politique, chaque vague collectif organisera sa p’tite manif. On allait à cette manif pour son envie de dire non, non, et non à l’allongement de l’âge de la retraite ; non, et non à la diminution des pensions retraite. Ceci peut fédérer le maximum de personnes. Vous vous demandez : « Faut-il simplement chercher à fédérer un maximum de personne ? A ce moment-là n’importe quel slogan peut faire l’affaire. » Relisez-vous : ce n’est pas très sympa pour la foule assimilée à un troupeau gobant n’importe quel mot d’ordre. Je ne crois pas ce c’est ce que vous vouliez dire. Mais par contre, ce que vous dites clairement, c’est que pour vous, fédérer sur un mot d’ordre simple (retrait du projet retraite du gouvernement), c’est une union sacrée que vous rejetez.

Le 24 juin, les 5 à 6000 personnes qui ont manifesté à Bourges n’ont pas marché pour ergoter qu’on pourrait prendre le quart du dixième du surproduit de la moitié d’un bonus, ou je ne sais quelle autre proposition innovante.

En ce moment, on juge un individu, le trader Kiervel. Cet individu a fait partir en fumée 5 milliards d’euros. La Société Générale se morfle un type qui met 5 milliards d’euros aux chiottes, ça lui fait quoi ? Ça lui touche une couille sans faire bouger l’autre : la Société Générale affiche malgré tout des bénéfices.

Un seul individu (1 seul) a becté le 1/4 ou le 1/5 du déficit retraites supposé de 12 millions d’individus (12 millions). Un seul ! et ils sont combien alors ces gens-là, dans la Société Générale ? Un seul, d’une seule banque ! Et il y en a combien de Société Générale et autres banques, autres assurances ? Et on vient nous bourrer le mou, nous faire chier pour un déficit de 30 milliards sur un an, pour 12 millions de personnes ? alors que 5 à 6 Kiervel sont capables de boulotter ça en une journée, sans que personne ne se fasse hara-kiri.

L’heure n’est pas aux "solutions" alternatives. Pour le moment, c’est simplement : Non, on ne veut pas de leur réforme ! Non, on ne veut pas crever au boulot ou se trainer avec une retraite juste suffisante pour la survie. Nous sommes dans une attitude de défense : on ne veut pas de leur réforme dégueulasse.

Voilà, moi aussi j’ai fait synthétique...


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