Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin. Ouf, plus facile pour rédiger une petite réponse. Et puis le matin, y’a pas de bourdonnement vuvuzelas.
Pour chipoter un peu : l’article initial de ce fil parle de « conquête sociale » pour désigner notre système de retraite. Au sens strict, ce n’est pas une conquête comme, par exemple, les congés payés (obtenus sous la pression des grèves). La première loi instaurant un régime public de retraite date de 1910 – la ROP, Retraite Ouvrière et Paysanne. Les militants syndicaux et les militants socialistes les plus radicaux de l’époque s’opposaient à la mise en place de ce système de retraite : parce qu’il serait financé par des cotisations prélevés sur le salaire, c’est à dire un vol supplémentaire dans la poche des pauvres. Pour les militants de l’époque, c’était à ceux qui s’étaient enrichis sur le dos des autres de payer (la loi de 1910 instaurait un âge de retraite à 65 ans – on l’appelait une "retraite pour les morts", vu l’espérance de vie pour l’époque).
Mozi, vous me demandez si je crois aux diverses propositions des syndicats ou du Collectif de défense des retraites du Cher. C’est ce qui vous intéresse « au-delà du fait très légitime de dire non ! à la réforme des retraites », comme vous l’écrivez. Mais justement, holà, n’allons pas d’abord au-delà ! C’est d’abord ça qui importe : non, non ! à cette réforme des retraites ! Non ! Que le gouvernement retire son projet ! Tant qu’on n’a pas la puissance qui nous permettra de faire enlever cette saloperie de réforme, à quoi bon aller au-delà ?
On ne doit pas culpabiliser : tant mieux si on vit plus longtemps - mais ça ne va pas durer vu le carnage dans les conditions de travail, vu la misère de pans entiers de notre société et le retour de maladies qu’on croyait éradiquées. On ne doit pas culpabiliser sur le baby-boom et son corolaire le papy-mamy-boom : des bouffons aux ordres, incapables de prévoir les crises financières de ces trois dernières années, vont pérorer sur les naissances à venir en 2040 ? La France ne baiserait pas assez ?
Mozi, vous me demandez si je crois « aux mesures (au solutions) proposées... » Les solutions à quoi ?... Ah oui, les solutions aux problèmes du financement des retraites ?... C’est vrai, de Sarkozy à Strauss-Kahn, de Martine Aubry à Eric Woerth, on nous le répète, chacun à sa manière.
Je répète encore mon histoire Kiervel : un type seul, à lui tout seul, a réduit en cendre le cinquième du déficit des retraites de plus de 10 millions de dames et messieurs. La banque qui l’emploie affiche quand même des bénéfices. Mozi, vous ne trouvez pas alors un peu risible qu’on vienne nous parler d’un problème ? La vieille madame Bettencourt, elle file 1 milliard d’euros à un type, bof, comme ça - son magot ne diminue même pas, et pour cause : sa fortune est estimée entre 10 à 20 milliards d’euros selon les sources. Et cette pov’ dame elle a touché son crédit d’impôts : l’Etat lui a remboursé 30 millions d’euros. On ne va pas dresser la liste des bonus, des parachutes dorés qui se compte par centaines de milliers de smic, des chiffres qui donnent le vertige.
Y’a un ministre, Eric Woerth, qui est tout juste bon à couvrir les fraudes fiscales de madame Liliane Bettencourt, ou à diner avec Robert Peugeot, un pauvre héritier qui s’est fat voler pour 500.000 euros de lingots d’or. C’est ça ? c’est ce type là qui crie au problème des retraites ?... On se fout de notre gueule, alors là, mais grave ! Alors, Mozi, ne vous prenez pas la tête pour demander à « imaginer des alternatives crédibles », gardez vos forces, ne rentrez pas dans leur jeu.
Gardons nos forces pour parler autour de nous, pour faire sortir de la tête des gens que eh bien oui, hélas, fo bien avouer, y’a un problème, et bla-bla-bla !... et bla-bla-bla... Y’a pour le moment une unique et simple réponse évidente : retrait de ce projet de réforme. Qu’on ait ensuite des interprétations différentes, ça semble naturel, mais on en est là : retrait de ce projet crapuleux, purement et simplement.