Dans cette partie du secteur public en tout cas, ces syndicats semblent avoir pris la mesure de la catastrophe et du rôle qu’ils ont à jouer.
Concernant le SNES, voilà leur communiqué : « continuer de construire un rapport de force contre la politique économique, sociale du gouvernement » « faire le lien entre le sens global des réformes, le sacrifice de l’intérêt général - notamment dans l’Education où la réussite de tous n’est plus un objectif -, la remise en cause des droits et salaires des fonctionnaires et la brutalité et le cynisme dans les choix faits par le gouvernement en matière d’emplois, de salaires, de retraites »
Bla bla bla donc. Si on lit bien, le SNES n’exige pas le retrait pur et simple de la réforme des retraites. Pas plus que la CFDT, la CGT, et aucun des partis de gauche : PS, PCF et PG. Par ailleurs, on peut sourire de la critique du "sens global des réformes" quand on sait que cette organisation syndicale était signataire des points de convergence Darcos.
Comme l’écrit avec beaucoup de justesse Jacques Cotta :
« Lorsque les responsables syndicaux, François Chèréque en tête, suivi de prés par Bernard Thibault, affirment au nom de la responsabilité qu’il faut bien réformer, et s’engagent à discuter de « façon responsable » pour négocier, n’apportent-ils pas le soutien dont le gouvernement ébranlé a encore besoin pour tenir et tenter d’appliquer sa politique ?
Lorsque Jean Claude Mailly oppose à cette stratégie celle de la grève interprofessionnelle un jour, seul, pour refuser le cadre des discussions et exiger à juste titre le retrait pur et simple du plan gouvernemental que porte Eric Woerth, fait-il autre chose que d’opposer une journée d’action, la sienne, aux journées d’actions des autres dont nous savons l’inefficacité et le découragement qu’elles engendrent ?
Lorsque les responsables politiques d’opposition, toutes tendances confondues, du PG au PCF en passant par le PS, s’engagent plus ou moins à revenir sur la remise en cause des retraites une fois élus en 2012, ne manquent-ils pas de la clarté élémentaire nécessaire concernant la nécessité d’abroger toutes ces réformes, et ne laissent-ils pas le terrain libre à un gouvernement failli en indiquant « vous avez encore deux ans pour agir » ?
En réalité, dans le contexte de crise politique, sociale, économique et morale que connait le pays, la logique ne voudrait-elle pas que se réalise un large front unique pour dire simplement « retrait de la contre réforme » et ouvrir ainsi une brèche par la grève générale et la manifestation dans laquelle pourraient tout de suite se poser les questions essentielles dont celles de l’emploi, des licenciements, des salaires ? »
Une chose est sûre, il ne faudra pas compter sur eux : ni pour construire le large front unique, ni pour ouvrir la brèche.