Merci à Bombix d’avoir développé ce que j’ai voulu écrire de manière sans doute trop ironique à Eulalie (c’était une petite moquerie sans méchanceté, Eulalie).
"Les syndicats ... sont convaincus ... qu’il faut jouer avec les règles qu’on nous impose." : c’est tout le problème de "l’intégration". Faut-il par exemple que les grands syndicats français appartiennent à la Confédération Européenne des Syndicats dont on connaît le rôle dans le soutien à la construction européenne actuelle ? Faut-il accepter de "négocier" ce qui ne l’est pas ?
Cette idée de bonne entente dans la- plus- pure- nouvelle- tradition- de "gestion des conflits", où tout le monde "se respecte" (voilà le grand mot lâché et si peu ... respecté, en fait) est véhiculée par le langage utilisé chaque jour dans nos journaux télévisés, nos magazines grand public et reprise jusque dans nos écoles (qu’on songe au "devoir de mémoire" qui efface la notion de rigueur de la recherche historique et qui rassemble tout le monde en messe oecuménique) et épatamment analysée dans un petit bouquin d’Eric Hazan, intitulé "LQR, la propagande au quotidien" : ainsi il n’y a plus "d’exploités", mais des "exclus", plus de "classes", mais des "couches sociales" pour ne citer que ces deux exemples.
Un bouquin fort intéressant aussi et très efficace pour remettre les pendules à l’heure de la conscience de classe, c’est "La guerre des classes" de François Ruffin : sérieux et documenté en même temps que distrayant, tout à fait accessible, il commence par la citation de Warren Buffet (l’un des plus gros milliardaires de la planète), citation qu’on entend maintenant assez souvent trainer dans les conversations : "La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter".