Pour tout dire, lorsqu’arrive la Deuxième Guerre Mondiale, la France était particulièrement mal lotie en système de protection sociale. – alors que l’Allemagne de Bismarck avait mis en place, à la fin du XIXe siècle, un système de retraite qui avait inspiré toute l’Europe. La France se distingua et ne mettra en place un début de régime d’assurance sociale généralisée qu’avec les lois de 1930 – et en instituant une retraite par capitalisation.
L’inflation d’avant guerre montra vite les limites du système. La loi du 14 mars 1941 relative à l’allocation aux vieux travailleurs salariés stipulait dans son article 9 : « Les retraites et pensions de vieillesse des assurances sociales sont constituées sous le régime de la répartition. » Ainsi, la mise en place d’un système de retraite par répartition était dans l’air du temps. D’ailleurs, le Programme du Conseil National de la Résistance de mars 1944 n’estima pas utile de préciser le mode des retraites et ne mentionne qu’en une ligne le sujet : « une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ».
Pour relancer l’économie et disposer de la paix sociale, De Gaulle ne se fera pas prier pour mettre en place en France, enfin, un régime de protection sociale – et le système de retraites tel que nous le connaissons jusqu’à aujourd’hui.