"[9] C’est une mécanique infernale. On explique à la population que si ça va mal, c’est parce qu’il y a trop de fonctionnaires, trop d’État. Une fois que c’est bien enfoncé dans les crânes, on supprime des fonctionnaires. Personne ne réagit, puisque tout le monde a été persuadé que c’est ça le problème. Du coup, amputé d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, l’État marche vraiment mal, cette fois-ci, et pour de bon. On peut alors poursuivre : « vous voyez bien qu’on avait raison, l’État marche mal ! » Et de continuer à démolir les structures d’État à tire-larigot. C’est le syndrome de la grenouille..."
Oui, c’est vrai, ça fonctionne comme ça en gros. Mais les structures de l’Etat, car je crois malgré tout qu’ils veulent conserver l’Etat , ne sont pas démolies. C’est une sorte de démolition, oui, mais pas totalement. C’est plutôt une restructuration des structures. Et qui dit restructuration dit en effet suppression de postes de fonctionnaires, démolition de missions de services publics, démolitions de services, démolitions des fonctionnaires également (ce qui à mon avis réjouit une part de la population, les fonctionnaires n’ayant jamais eu bonne "presse" sous n’importe quelle politique. Le fonctionnaire est mal vu depuis toujours, donc ça n’a pas été difficile de "convaincre" le reste de la population exerçant dans le privé). Mais, comme des missions sont quand mêmes conservées, et au bénéfice des actionnaires des entreprises privées comme vous l’expliquez, et, ces entreprises privées étant elles mêmes en perpétuelles restructurations au bénéfice des actionnaires, je vous raconte pas comment ça va mal en effet pour accomplir les missions de services publics. C’est un joyeux bordel organisé.
D’autre part, je ne suis pas d’accord avec le syndrome de la grenouille, qui est bien gentil, je trouve, avec "les gens". Oui, si on plonge une grenouille dans 45 degré directement elle réagit. Mais pas les "gens". Ils se laissent ébouillanter, en toute conscience. Les grenouilles sont plus intelligentes que les français. Et si on mange leur petites cuisses, c’est pour éviter de se rappeler qu’elles valent certainement mieux que nous quand on veut les bouffer.