Belle opération de com’ hier, menée par le bienséant Yves Calvi, dans son émission C dans l’air (c... dans l’air ?). On a bien insisté pour dire qu’une centrale nucléaire n’était pas une bombe atomique — comme si le problème était là ! — ; que la reclassification au niveau 7 de l’accident de Fukushima n’était pas justifiée, car en aucun cas on ne pouvait faire de comparaison avec Tchernobyl ; que les autorités japonaises avaient pris toutes les précautions sanitaires indispensables, et qu’il n’y avait pas à s’inquiéter pour la population limitrophe de la catastrophe ; qu’en France on est les champions du monde de la sécurité, et qu’il n’y avait pas de débat à mener sur la pertinence du choix nucléaire ; qu’enfin ces vilains allemands songeaient hypocritement à fermer leurs centrales, mais dans le même temps allaient nous saloper la planète avec leur centrales thermiques au charbon tout en continuant d’acheter de l’électricité nucléaire à la France.
Pas un seul représentant sur le plateau des antinucléaires français, ou simplement d’observateurs scientifiques non institutionnels. C’est cela le sens du débat contradictoire à la Calvi.
Le sommet dans la malhonnêteté intellectuelle a été atteint par un intervenant (Bruno Tertrais) faisant remarquer que s’il n’y avait eu « que » 20.000 morts au Japon du fait du tsunami, c’était grâce aux installations nucléaires qui avaient imposé des normes antisismiques pour les constructions. Et de faire la comparaison avec Haïti : les pauvres haïtiens n’ayant pas de centrales nucléaires, c’est 200.000 morts qu’ils ont eu à déplorer. Conclusion : la nature est une vilaine marâtre, la technique nous sauvera, y compris la technique nucléaire ! (on ne s’avise naturellement pas que le Japon est parmi les pays les plus riches, et Haïti parmi les pays les plus pauvres ... ce qui fait la « petite » différence dans les normes de construction ..., et qu’au demeurant il n’y a pas de rapport de cause à conséquence entre les normes de sécurité d’une centrale nucléaire (insuffisante au demeurant à Fukushima, puisque la catastrophe s’est produite), et la qualité de construction des habitations qui l’entourent)
Laissons faire les ingénieurs qui grâce aux surrégénérateurs produiront demain une énergie bon marché et propre pour des milliers d’années. Merci Areva. Merci EDF.
Pour ne pas manquer ce grand moment de télévision française, concocté par le Ministère de l’information et de la propagande : Fukushima, une bombe dans le nucléaire