Le mur du çon, franchit allégrement par François Mativet de "Sortir du nucléaire 89". « Il faut sortir du nucléaire en dix ou quinze ans, on sait faire sans ressortir nos bougies et sans renoncer à notre confort »
Oui, c’est un peu n’importe quoi. C’est ce genre de déclaration qui décrédibilise les anti-nucléaires. Sortir du nucléaire en France (80% d’électricité issue du nucléaire !), ce n’est pas simple et pour l’instant il n’y a pas de plan. Les alternatives au nucléaire, ce sont les centrales thermiques polluantes (sous réserve qu’il nous reste des combustibles fossiles) mais aussi les centrales hydroélectriques, les éoliennes, le solaire et la biomasse. Donc oui, il y a des alternatives mais pour qu’elles deviennent ne serait-ce que majoritaires, il faudra beaucoup de travail et donc beaucoup d’argent...sortir du nucléaire c’est certainement plusieurs décennies. Peut-être 30 ou 40 ans ? Et encore, c’est peut-être optimiste...
Effectivement, il n’y a pas de solution unique. Produire plus d’énergies alternatives est une chose mais pas suffisante. Consommer moins peut nous permettre de gagner un peu de temps sur cette sortie du nucléaire. Nous devons consommer moins d’une part en prenant de bonnes habitudes (en renonçant potentiellement à une partie de notre confort...c’est pas gagné), d’autre part parce que les progrès techniques éventuels nous équiperont d’appareils à plus faible consommation. Mais les deux choses prendront du temps, la première nécessite un changement des mentalités un peu partout dans le monde (mais commençons par la France et les pays développés) et l’autre demande de la recherche, du temps et de l’argent. La première mesure, consommer moins, est faisable, la seconde qui s’appuie sur les progrès techniques est incertaine. Mais il faut faire bouger toutes les variables et donc tout tenter. L’équation est complexe. Pas sûr que l’on trouve facilement une ou des solutions...si (bonnes) solutions il y a.
Donc vendre que sortir du nucléaire c’est facile, qu’on sait faire et cela sans effort, c’est vraiment n’importe quoi. C’est contre-productif. Avoir les pieds sur terre, proposer du crédible, du concret, du faisable, c’est la première condition pour changer les choses.