Merci pour votre intervention et ces indications. A noter, la très belle étude de Monsieur Jean-Yves RIBAULT, ancien conservateur de la bibliothèque de Bourges et Président de la Société d’Archéologie et d’Histoire du Berry, Un historien provincial au XVIIème siècle Gaspard Thaumas de la Thaumassière, Bulletin d’histoire moderne et contemporaine, n°14, p. 7 à 36. Monsieur Ribault note la solitude intellectuelle de La Thaumassière — et sa découverte, alors que son Histoire est déjà bien engagée, des méthodes nouvelles et des progrès des techniques érudites des historiens de son temps. "Voilà qu’en cours de route, il se trouve confronté aux considérables progrès qui s’élaborent, loin de lui, à Paris. Dans son isolement relatif, son mérite n’est que plus grand, ayant dû se créer lui-même ses méthodes, de les avoir fait coïncider avec les entreprises de l’érudition laïque et religieuse. Le destin de La Thaumassière, même s’il n’a pas répondu totalement à son ambition, exige le respect." (p.27)
L’étude de J.Y Ribault est instructive également sur la façon dont on écrit l’histoire, et qui évolue avec le temps et les sociétés qui portent les historiens. Concernant l’histoire de La Thaumassière : "Pas de géographie, sinon une géographie de dépendance, de rattachement, de hiérarchie. Pas de chronologie non plus : l’histoire est considérée comme un océan étale, immobile, dont il faut rechercher les contours un peu perdus dans la nuit des temps et dont la surface est à peine troublée par les événements qui affectent la vie des princes, tout le contraire donc d’un fleuve puissant qui progresse en creusant son lit. [...] Absence totale du peuple, de tout ce qui n’est pas noble ou notable et qui par définition est exclu du discours historique [...] Mise en vedette des hommes célèbres que l’auteur place dans l’entourage immédiat des puissants [...] Pour la plupart des professeurs de droit de l’Université de Bourges, qui représentent pour lui une sorte de magistrature intellectuelle et morale." (p. 28)