Tant qu’on est dans la sémantique :
On confond trop souvent la vulgarité avec la grossièreté et c’est dommage. Au pied de la lettre, la vulgarité c’est ce qui est commun. Par exemple le nom d’un animal qui a aussi un nom scientifique est son nom vulgaire ou commun. C’est pour cela qu’un animal dont le nom latin est qualifié de "vulgaris" n’est pas un animal au langage peut châtié mais simplement le sous-genre ou la sous-espèce la plus répandue.
Ce qui est vulgaire c’est donc ce est qui accessible à tous, répandu chez les masses etc (tout le monde s’approprie le mot chat, peut connaissent celui de Felis silvestris catus). Autrement dit qualifier une chose de vulgaire ne devrait pas être une manière de le déprécier, sauf bien sûr si on est obsédé par l’art de se distinguer et de se gonfler d’importance : un phénomène très vulgaire pour le coup puisque très courant.
Le mot a fini par prendre une autre acception en philosophie, en particulier après-guerre, pour désigner des choses privées d’esprit (ou d’âme selon que le philosophe est Chrétien ou non).
Ça devient vraiment malsain lorsque les deux confusions opèrent ensemble pour produire une pensée qui assimile la grossièreté à la vulgarité et conclue donc à l’absence d’esprit de ceux qui l’emploient ce qui malheureusement n’est pas rare mais donc vulgaire. C’est une pensée extrêmement perverse et violente :
1 - parce qu’elle conduit à la longue à se dispenser d’écouter sur le fond un discours qui déplait sur la forme, celui qui parle mal est tacitement déclaré privé d’un esprit qui mériterait qu’on l’écoute ;
2 - parce qu’elle justifie à elle seule que tous ceux qui n’ont pas intégré les formes du langage de ceux qui mènent les débats (politiques, mais surtout journalistes et soi-disants "experts") soient exclus de ces débats
3- ça conduit à ne s’intéresser qu’aux constructions de l’intellect pour se détourner du ressenti, ce qui est réduire l’humain à assez peu de choses, à mépriser chez lui des choses pourtant nobles, en tout cas à le méconnaitre.
Résultat : les "beaufs" n’ont par droit de citer aussi nombreux soient-il, Alain Minc court toujours et le Faucus Vulgaris est légion en politique. C’est du beau ! Ça me fout la gerbe !
Non ce qui est vraiment "vulgaire" car privé d’esprit, c’est Hollande lorsqu’il lève la jupe et fait les yeux doux en me promettant une bonne soirée si je lui donne mon vote alors qu’il est déjà marié à son ambition. C’est dégradant ; pour lui comme pour moi.