puisque je vous le rappelle, c’est l’Église qui a développé l’enseignement au XVIIe et XVIIIe siècle, serait anti-républicaines,
Au XVIIème siècle, l’Eglise développe l’école, parce qu’elle veut reprendre en main les esprits, après la Réforme. C’est un projet politique, et même théologico-politique, confié aux jésuites (par ailleurs excellents professeurs). L’école de la République est aussi un projet politique, mais d’une autre politique. Elle est le fait de la III ème République, qui vise à donner à chacun la formation nécessaire pour exercer sa citoyenneté. Car il n’y a de citoyen éclairé en République qu’instruit. Cette instruction passe aussi par la libération vis à vis des dogmes religieux. La République est l’héritière des Lumières et travaille à l’émancipation. C’est une fausse conception de la laïcité que de l’assimiler à une tolérance vis à vis de toutes les théories obscurantistes. La République est laïque, en ce que le pacte politique est fondé non sur un dogme, mais sur un vide dogmatique, condition de l’autonomie. Voir à ce sujet les livres très éclairants de Catherine Kintzler (en particulier, Qu’est-ce que la laïcité ?, Vrin). La République est anticléricale, comme l’Eglise est anti-républicaine, fondamentalement. Elle a certes changé son discours depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Mais en son fond, théorique et politique, elle est et demeure anti-républicaine. Pour elle, la République, c’est l’apostasie. Et si, catholique, vous pensez le contraire, c’est que vous êtes ignorant de votre propre histoire.
La seule école qui garantit la liberté de conscience des élèves, c’est l’école laïque. Si ce n’était pas le cas d’ailleurs, les chrétiens n’enverraient pas leurs enfants dans l’école de la République. En réalité, l’école privée catholique est une école de classe. Que les cathos essaient aussi de placer leurs croyances et leurs valeurs, possible et en même temps logique. Mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel pour la droite est de garantir à une partie de sa clientèle
l’accès à des zones réservées où les classes dominantes se reproduisent en toute tranquillité, entre soi. Le fait qu’elle profite en plus de l’argent public est parfaitement scandaleux.
Vous parlez de la liberté de conscience ? Elle doit en effet être respectée. Mais se cantonner à l’espace privé. L’école n’est pas un espace privé, ou un espace qui pourrait servir de refuge à des puissances privées. A céder là-dessus, on laisse la porte ouverte à tous les communautarismes. Si vous justifiez l’école privée catholique, comment empêcherez vous l’école coranique, ou l’école juive intégriste, ou que sais-je encore ? Comment justifierez-vous qu’on accorde à l’une des subventions, et pas à l’autre ? L’école n’est pas un service public, qui s’adapterait à des clientèles différentes aux goûts divers. L’école est un élément organique de la République. L’école, qui forme tous les enfants, et est financée par la puissance publique, doit être à l’abri des pressions, et donc des confessions, et donc des religions. Pour des raisons strictes de respect de l’idéal laïque et républicain comme de l’égalité de traitement de tous les enfants devant l’éducation, l’école privée confessionnelle doit disparaître. C’est un vestige de temps disparus. Le recul de Mitterrand dans les années 80 sur cette question est une défaite et une honte historique pour la gauche française.