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Les « décroisseurs » interrogent la crise - DD - 6 février 2012 à 10:15

pour dégager des profits, les entreprises en concurrence doivent gagner en productivité. Cela signifie produire plus en utilisant moins de travailleurs. Les gains de productivité engendrent donc logiquement et nécessairement du chômage.

Une remarque qui a alimenté les angoisses de nombre d’ouvriers lorsqu’ils ont commencé à voir arriver dans leurs usines des machines qui travaillaient comme dix hommes.

La doctrine productiviste a voulu rassurer d’une manière, pour le coup, très scientiste. C’est le petit Alfred Sauvy qui s’y est collé avec sa théorie du déversement : les emplois détruits sont compensés par (entre autres) ceux nécessaires à la fabrication, l’approvisionnement et l’entretien des machines.

Dans le meilleur des cas, le "gain de temps" serait, selon Sauvy, "perdu" par un mécanisme semblable à celui identifié par Illitch (j’écorche peut être son nom) tel qu’il nous a été exposé lors du dernier café.

Mais surtout, la théorie de Sauvy a tôt fait de tomber toute entière sous l’analyse. Car en fait, le travail "recréé" ne peut être aussi bien rémunéré que celui de la machine (sans parler des ouvrier qu’elle remplace) faute de quoi ce mécanisme de déversement, en ne faisant que déplacer le coût de revient sur l’échelle de la production, ferait obstacle au mythe du cercle vertueux de la croissance, lequel passe par une répercussion des gain de productivité sur les prix.

Du coup, les ouvriers qui angoissaient ont eu raison et de la manière la plus désagréable qui soit.

Je regrette de n’avoir pu être là. Avez-vous fixé une date et un sujet pour le prochain ?


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