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Les « décroisseurs » interrogent la crise - Eulalie - 17 février 2012 à 08:01

Capitalisme moribond ? pas certaine.
Sur le fameux "capitalisme financier" et plus particulièrement sur l’abolition du salariat récupérée comme d’hab par le capitalisme, une explication sur Wikivert :

"L’abolition du salariat est en marche : actionnariat populaire , fonds de pension et intermittence :
[...]
Le deuxième volet de cette abolition du salariat, à savoir le passage généralisée à l’intermittence, fonctionne pendant ce temps à outrance dans les entreprises ou dans des secteurs émergents peu marchandisés comme la culture. Le salariat et son contrat à durée indéterminée deviennent en tant que tels des freins à la fluidité du capital, l’intermittence permet de la retrouver, en socialisant les assurances éventuellement nécessaires (couverture sociale) mais de préférence en les abolissant. La CMU n’est en rien en contradiction avec cette tendance, puisqu’au contraire elle permet de placer la couverture sociale hors des coûts salariaux. L’intermittence s’adresse aussi désormais aux entreprises elles-mêmes lorsque la sous-traitance devient le mode de contractualisation dominant pour la production des biens matériels voire immatériels supposant des immobilisations de compétences. Un sous-traitant pourra être aussi vite remercié qu’un salarié précaire. Pour assumer pleinement cette pression constante à la flexibilité (qui est le pendant côté salarié de la fluidité du capital), il est vivement conseillé de devenir son propre employeur en créant son entreprise, en adoptant un statut indépendant, avec toute la valorisation attachée à ces positions sociales, qui permettent avant tout d’organiser l’auto-exploitation et de dégraisser les firmes. Toutes les autres formes de précarité sont bienvenues pour le capital financier et la remise en cause de toutes les mesures assurant des salaires minimum est en marche. Le capital industriel, lui, devait encore compter avec les compétences de ses salariés et pouvaient acheter une certaine allégeance dans la durée par des compensations sociales et salariales. La pression des immigrations permet de renforcer cette tendance et l’on voit bien, comme le montre Donzelot, que les immigrés contemporains sont de plain pied dans la mondialisation, avec la flexibilité qu’elle exige alors que ce sont les salariés des classes moyennes ou à statut anciennement protégés(les grandes entreprises industrielles) qui se trouvent fortement inadaptés. Les nouvelles exigences de la formation, où l’on apprend à ne pas trop se spécialiser d’un côté mais aussi à se vendre en permanence avec des formations opérationnelles courtes directement rentables pour les entreprises, font partie de cette pénétration en profondeur des exigences de flexibilité.

La tendance à long terme est alors à une division sociale entre les ex-salariés du Nord devenus actionnaires et les intermittents du Sud. En réalité, dans les pays du Nord eux mêmes, « le Sud » s’est installé avec ses immigrés mais aussi avec sa population pauvre en augmentation constante.

Les syndicats comme la gauche n’ont pas su voir ce changement et se sont obstinés à défendre des politiques industrielles vides de sens, des statuts protégés sans organiser la solidarité avec ceux qui n’en avaient aucun, des refus justifiés de réformes comme celles des retraites sans proposer d’autres moyens collectifs solidaires, etc. Ceux qui ont refusé toute réforme ont été balayés et leurs emplois détruits, ceux qui ont voulu les accepter se sont faits pressuriser pendant des années avant d’être eux aussi jetés dans la précarité et la misère. Il n’est plus temps de ce point de vue de se chamailler entre réformistes qui ont accepté ces réformes et ceux qui les ont combattu car tous ont perdu et la flexibilité n’a fait que croître, avec en point de mire la disparition totale du salariat ou sa réduction à un minimum vital, qui devrait dès lors être pris en charge par la collectivité. On mesure ainsi l’intérêt que peut présenter paradoxalement des mesures dites radicales comme le revenu d’existence.
..."


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