Pour la nation, Eulalie, je propose d’aller à la simplicité :
Samedi soir, dans l’émission "Un trésor dans votre maison", sur M6, Manu (Emmanuel Layan, l’excellent expert en objets de brocante) le disait au sujet d’une commode Louis-Philippe : « Louis-Philippe, c’est une monarchie bourgeoise. Il n’est pas roi de France, mais il est roi des français. C’est important, il y a une différence » On est en 1830. On va pas quand même être moins malin que Manu ?
C’est Philippe-Auguste qui se trouva le premier être affublé du titre "Roi de France" (un peu avant les années 1200, c’est loin !). Mais il n’était pas le roi des français. La notion de nation française n’existait pas encore. A fortiori, elle n’existait pas du temps de Louis VI, le grand-père de Philippe-Auguste. L’Etat n’est pas la nation.
La nation française nait durant la Révolution française. Non pas avec un article de constitution, mais dans la lutte menée par le peuple français contre les monarchies européennes coalisées. La nation va surgir de la patrie en danger, de la levée en masse, de la résistance enthousiaste contre l’ennemi aristo qui pénétrait en France.
L’écrivain allemand Goethe était à Valmy aux côtés du duc de Brunswick. L’armée commandée par le duc avait pris Verdun, la route de Paris lui était ouverte. Patatras ! Kellermann et ses soldats l’attaquent en criant « Vive la nation ! ». L’enthousiasme de l’armée française bouscule les armées du duc qui battent en retraite. Goethe ne se trompera pas, il écrira : « De ce jour et de ce lieu date une ère nouvelle de l’histoire du monde ». Une nouvelle ère, une nation, un peuple.
Je n’en voudrais de chipoter Goethe, mais 15 ans plus tôt, y’avait bien eu un truc de ce genre en Amérique. Encore une nation. La Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique proclamait en 1776 : « Tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »
OK, OK, ensuite c’est parti en couille... Mais sur le moment, ça avait de l’allure.