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Hollande en tête dans le Cher comme en France - bombix - 24 avril 2012 à 10:59

la miss Le Pen aurait pu être au second tour et que du coup, c’est un échec pour elle.

Un million et demi de voix de plus qu’en 2002, sacré échec en effet. Il serait bon de ne pas confondre l’arbre de la présidentielle avec la forêt de la politique. Le Pen ne visait pas la Présidence de la République. Elle continue un projet que son père a initié : étendre les métastases fascisantes dans la chair politique française. En ce sens, son score de dimanche est un franc succès. L’examen des zones géographiques gagnées ne laisse pas de doute : villes ouvrières à l’est, Bretagne "catholique" à l’ouest.

le FN a été gagnant dès 2007 avec Sarkozy qui a repris les idées de Le Pen et du FN.

Je vois ce que tu veux dire, mais je pense que ce serait une grosse erreur d’appréciation que de mettre un signe égal entre la droite, même sarkozyste, et le Front National. Sur le terrain politicien, des déclarations et des effets d’annonces, Sarkozy est allé sur le terrain de Le Pen. Mais Le Pen au pouvoir, ce ne serait pas du tout la même politique que Sarkozy. Le cadre républicain de référence sauterait, et alors, bonjour les dégâts. Ca n’enlève rien à Sarkozy en terme de responsabilités, dans sa campagne de 2007 d’abord, et dans celle-ci ensuite (*). Ce que nous apprend l’histoire, c’est que la droite bourgeoise et capitaliste plie devant la droite nationaliste : une capitulation pour sauver les intérêts qu’elle défend, pas une adhésion à l’idéologie. Le Pen ne fait pas mystère de ses projets : faire imploser l’UMP pour recomposer la droite française autour du pivot nationaliste. En ce sens, la défaite de Sarkozy serait une bonne nouvelle pour le FN, et on peut penser qu’il s’y emploiera.

Mais une chose est sûre : Sarkozy, par son échec général n’a fait que renforcer les idées du FN.

Echec général ? Pas pour tout le monde.

Il y a aujourd’hui 44 exilés français pour un patrimoine total de 36,5 milliards de francs suisses, soit un peu moins de 30 milliards d’euros. Il y a dix ans, on en comptait dix-sept. Et sur ces quarante-quatre, on compte treize milliardaires en francs suisses.

Source : Mediapart

Par ailleurs, Sarkozy a des alliés non seulement chez les très riches et ceux qui souhaitent le devenir, mais aussi chez les moins riches qui profitent de la situation, par exemple dans un milieu que je connais bien, des professeurs qui font des heures sup à gogo, défiscalisées par la loi TEPA. On ne dira jamais assez que les « succès » de Sarkozy, il les doit à l’apathie de ses adversaires naturels ou supposés tels — par exemple des syndicats (*) qui sont capables de se mobiliser à Paris pour Mélenchon, mais incapable de faire la même chose pour mettre en échec Sarkozy sur les retraites — et à la complicité de ceux dont il achète le silence. Il n’y a pas que des victimes du sarkozysme, faudrait pas oublier.

la gauche a en gros la même mauvaise analyse que Sarko en traitant les électeurs du FN comme des victimes qu’ils ne sont pas, en les infantilisant.

Du temps de Sartre, on appelait un salaud un salaud. (Re)Lire L’enfance d’un chef. La « gauche » a besoin de voix. C’est ça aussi, la politique.

Un dernier mot sur Mélenchon : on peut comprendre l’attitude qui consiste à soutenir loyalement la « gauche ». Après tout, Mélenchon, c’est le créateur du parti bien nommé "de gauche", c’est à dire historiquement, l’alliance de la bourgeoisie libérale et du socialisme, à la toute fin du XIXème siècle (et pas en 1789 comme on essaie de nous le faire croire). En revanche, ce qui est inaudible, c’est le discours anti-système le samedi, et le soutien au système le lundi. Le drapeau rouge pour soutenir ce bourgeois joufflu social-démocrate, personne n’y croit. Comme le soutien est réel, c’est le drapeau rouge qui est décrédibilisé. Rangé au placard des accessoires de la politique spectacle. En termes de communication, ça s’appelle une absence de congruence. Une partie de l’électorat l’a sans doute perçue, ce qui a limité le succès d’El comandante. Du côté communiste, on a affiché tout de suite son soutien à Hollande. Mélenchon aussi, mais sans prononcer le nom. Grooossse finessse ! ;-) Il y a une vie après la présidentielle, et les communistes voudraient bien désormais tirer quelques dividendes de cette bonne affaire du Front de gauche.

Mélenchon prête beaucoup de pouvoirs à Michel Onfray et au Nouvel Obs qu’il accuse de son semi-échec ...

(*) En concentrant le racisme sur les minoritaires parmi les minoritaires, les tsiganes. Voir l’article de Libération : « Jamais un chef de l’Etat n’avait brutalisé à ce point les Tsiganes »

(**) Lu dans Libération, 25 % des salariés syndiqués ou sympathisants FO ont voté Le Pen ...


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