Bienvenue dans le monde merveilleux de la "périurbanité". Un monde ou croît le désert du réel. La sociologue Violaine Girard met à distance le discours sur la "souffrance" des électeurs de Le Pen.
Pour certains, le vote FN est un vote lié à des efforts de distinction. Ils veulent se démarquer, ne pas être assimilés à ceux qui se trouvent en bas de l’échelle. Ils ne sont pas rattachés à ceux d’« en bas », sans appartenir non plus à ceux d’« en haut ». Beaucoup ont d’ailleurs quitté des quartiers populaires des banlieues voisines. Ils portent un regard stigmatisant sur ceux qui vivent dans l’habitat social, sur les ménages issus de l’immigration. Et dévalorisent les plus précaires, auxquels ils ne veulent pas être reliés.
Braves gens.
Autre article, d’un autre sociologue. Au nom des ouvriers. Quelle représentation politique des classes populaires ? Si la Le Pen est aux portes des usines, elle n’y entre pas. Et si elle mobilise les ouvriers, c’est que la gauche, et donc aussi le PCF, les a oubliés. Le PS n’est pas même cité, tellement il est évident qu’il a rompu, et depuis longtemps, avec le monde ouvrier.
Le réel enjeu n’est-il pas de créer les conditions organisationnelles d’une mobilisation des classes populaires ? Ne doivent-elles être qu’un soutien électoral ou ont-elles la possibilité de se représenter elles-mêmes ?
Sur la tendance oligarchique des organisations ouvrières, on pourra lire aussi le classique de Robert Michels, Les partis politiques, qui vient d’être réédité en poche aux Editions de l’Université de Bruxelles.