A propos du divorce de Sarkozy et des syndicats, bonne intervention hier de Yves Thréard, du Figaro, une fois n’est pas coutume, dans C dans l’air. Thréard a rappelé que pour l’essentiel, pendant le quinquennat, les relations avec les syndicats et en particulier avec la CGT et la CFDT ont été au beau fixe. Pas de grands mouvements sociaux, pas de « blocage du pays », dialogue serein entre les "partenaires sociaux" ... Sarkozy leur a même offert sur un plateau les accords sur la représentativité syndicale en échange de la couleuvre sur le temps de travail, nous en avions parlé. Réforme des retraites : là ça a commencé à gripper, mais les syndicats ont reculé devant l’épreuve de force. Selon Thréard — c’est à vérifier — le casus belli est constitué à partir du moment où les syndicats s’opposent à Sarko sur la réforme sur l’apprentissage ... On connaît la suite ... Même analyse dans le Monde Libertaire, pour ceux qui n’accorderaient que peu de crédit à un type du Figaro ... :
Dans un accès de démagogie, en début de mandat, Sarkozy avait surmonté son dédain et essayé de mettre les gros syndicats dans sa poche, en leur offrant, sur un plateau, un accord sur la représentativité syndicale, sur l’Unedic… On voyait même Sarkozy et Thibault qui semblaient en bons termes. Sarkozy a essayé de gérer les secrétaires syndicaux comme un patron gère ses « collaborateurs » et ses « partenaires sociaux », en leur donnant quelques avantages, quelques privilèges, en les invitant dans ses salons luxueux, en leur faisant croire qu’il était à leur écoute. Les prédécesseurs de Sarkozy avaient joué la carte CFDT, le président a voulu jouer la carte du syndicat le plus représentatif, exactement comme le fait un patron dans sa turne. Question de stratégie.
Évidemment, ça n’a pas duré longtemps, les reculs sociaux en tous genres et surtout le passage en force de la réforme des retraites en 2010, malgré les millions de manifestants dans les rues, ont vite montré que la logique de Sarkozy et sa bande se situait bien contre les salariés et les pauvres. Les syndicats, quant à eux, n’ont pas osé dépasser les appels à des manifestations de protestation pour aller vers la grève, générale, tant qu’à faire.