l’Inra de Bourges et la DGA (les troupeaux d’expérimentation génétique et l’uranium appauvri)
""Tout commence par un concours de circonstances !
Dans les années 60, les scientifiques du CNRZ (Centre National de la Recherche Zootechnique, futur centre Inra de Jouy-en-Josas) ont besoin d’espace pour leurs expérimentations alors que les militaires d’un polygone de tir cherchent à faire entretenir leurs terrains pour faciliter leurs essais balistiques. Le chef de domaine de Jouy parle par hasard avec un notaire du Cher, les contacts se nouent entre chercheurs et militaires, les visites s’enchaînent, et l’affaire se conclut en 1962.
Ainsi naît à Osmoy le domaine de Bourges sur 600 hectares dont 400 de bois et friches épineuses.
Dès mars 1962, les premiers pionniers s’installent sur les friches et débroussaillent en attendant les premières brebis Berrichon du Cher. Celles-ci font partie d’un programme destiné à « améliorer la production ovine française face à l’ouverture des frontières ». Le premier agnelage aura lieu en février 63 à La Sapinière par un froid sibérien ... il y a 50 ans, 50 ans d’expérimentation et 50 ans de cohabitation avec les tirs d’obus du ministère de la Défense. En 1965, alors que le cheptel ovin compte 1000 brebis, l’élevage porcin voit le jour à Galle avec l’installation de 200 truies Large-White. Les bovins et caprins les rejoindront en 1966.
Dans les années 70, le domaine de Bourges compte plus de 30 personnes. Alors que les locaux administratifs de La Sapinière viennent de s’achever, les premières recherches portent leurs fruits avec, notamment, la création de la souche ovine Inra 401 issue du croisement Berrichon x Romanov (aujourd’hui baptisée Romane) qui s’avère des plus intéressantes. L’élevage porcin a fermé ses portes en 2008, mais ovins, bovins et caprins continuent d’être au service de la cause scientifique.
Aujourd’hui, les animaliers de Bourges cohabitent toujours avec les tirs de mortiers. Le domaine dirigé par Frédéric Bouvier compte une quarantaine d’agents titulaires répartis sur les trois élevages, l’exploitation et l’administration. Avec 25 000 m2 de bâtiments agricoles et d’élevage, 2000 brebis, 450 chèvres et 250 vaches Charolaises, l’unité expérimentale de Bourges est l’un des dispositifs expérimentaux les plus importants de l’Inra. "
Historique de l’unité expérimentale