poster message en reponse
Maison de la Culture de Bourges : et pourquoi pas euthanasier ? - Pour l’avenir de la MCB - 18 avril 2015 à 08:14

Les opposants à la nouvelle MCB viennent donc, selon le Berry d’hier et un reportage de France3 Centre Loire, de présenter, via l’architecte M. Gimonet, un nouveau projet de réhabilitation des anciens murs.

Ils sont têtus.

À commencer par Monsieur Gimonet qui refuse visiblement de tenir compte des calculs des professionnels sur la jauge de la grande salle : après correction, il est encore à 200 places de trop. Dommage, avec le premier article, on y avait presque cru.

Pour le reste, on ne sait pas grand chose : on a cru comprendre qu’il y aurait bien une seconde salle de 200 places (là, il a bon) deux salles de cinéma, une salle d’exposition d’oeuvres graphiques et une cafétéria.

En revanche, sur la taille du plateau, sa modularité, sur le plateau de répétition, les locaux de l’administration, les loges et l’accueil des artistes ou la salle d’accueil destinée aux rencontres scolaires et aux conférences, rien. Difficile dans ces conditions, de juger de la pertinence du projet.

Ce qu’on sait, en revanche, c’est que M.Gimonet et Mme Odile Jusserand qui l’accompagnaient ont une conception très personnelle de ce qui est pertinent pour le projet artistique de la MCB et ce qui ne l’est pas.

La modularité de la Black box (la petite salle de 200 places) : il paraît que le fait qu’il n’en existe qu’une seule autre en France prouverait que "c’est juste pour se gargariser". Rappelons à Mme Odile Jusserand que le contrat passé avec l’État stipule que la recherche et la création théâtrale modernes sont au centre du projet, et que l’on ne reconstruit pas une Maison de la Culture pour refaire ce qui se faisait il y a cinquante ans. La modularité est un élément majeur des nouvelles scènes théâtrales et refaire une Maison de la Culture sans, c’est comme reconstruire l’ancienne Écoles des Beaux-Arts avec le courant en 110 et le simple vitrage : c’est pas fait pour servir aux besoins d’aujourd’hui.

De la même façon, on n’a pas de nouvelles de la modularité de la grande scène, qui permet, dans le projet de la nouvelle MCB, de faire venir des compagnies internationales de premier plan, susceptibles de faire séjourner à Bourges des spectateurs de fort loin - le rayonnement de la ville et ses commerçants ne trouveront pas un tel investissement superflu ou destiné à "juste se gargariser". C’est bien pour ça qu’une MCB est aussi et surtout un investissement d’État, pas une simple structure locale.

Les Arts plastiques, ensuite. Encore une fois, le projet choisi par l’État et les collectivité locales concerne la photographie. Pas les Arts plastiques, qui disposent déjà de plusieurs lieux d’exposition dans la ville (l’ENSA, Transpalettes... ). Loin de nous l’idée de renâcler devant la perspective d’offrir de nouveaux espaces dédiés mais on dispose d’autres lieux pour se faire en ville (en passant, à l’Hôtel Dieu, ça aurait de la gueule, non ? ) et ça n’appartient pas au projet retenu pour la MCB. Surtout pas aux dépends du reste...

Le coût, enfin. Les opposants affirment que leur projet n’est pas plus cher. Difficile encore d’en juger, nous n’avons pas leur chiffres, nous ignorons par exemple s’ils intègrent les coûts des nouveaux dédits et des retards supplémentaires qui en découleront forcément. Ce qui est clair en revanche, c’est que leur passéisme, leur attachement si peu raisonnable à l’idée d’une MBC *forcément* dans ses anciens murs, ne débouche que sur un projet au rabais.

Une fois de plus, cette opposition se traduit par une méconnaissance de l’aspect culturel du dossier, traité par le mépris au profit d’une vision passéiste et étriquée de la création et de l’apport de la culture à la vie de la cité.

M. Gimonet est un très grand architecte, mais il a du mal a admettre qu’il n’est qu’un très grand architecte. Nous commençons à entrevoir la raison qui l’empêche, de toute évidence, de participer aux appels à candidature qu’il a par deux fois déclinés. C’est qu’un appel à candidature exige de mettre le talent de l’architecte au service des besoins d’autres professionnels que lui, de ceux dont les exigences passent *forcément* avant les exigences architecturales : les artistes et les programmistes (les professionnels chargés de donner une forme concrète aux demandes des artistes). Ou serait-ce que, s’autorisant à juger de la pertinence du point de vue de professions qui ne sont pas la sienne, il ait du mal à concevoir qu’on puisse s’autoriser à faire de même lorsqu’on touche à son expertise ?

Pour conclure, tant qu’on ne nous présentera pour alternative que des projets amputés de certaines de leurs fonctions initiales, nous continuerons à soutenir sans relâche le projet défendu par l’État et les collectivités locales et nous espérons voir se terminer au plus tôt le tour de table qui confirmera le lancement de la construction sur les pentes Séraucourt.

Le collectif Pour l’avenir de la MCB


#41692



Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Qui êtes-vous ?