Mais alors est-on toujours un citoyen à part entière si on ne va pas voter ? même si c’est un choix.
Est on citoyen si l’on va voter, pour se choisir des chefs, des décideurs, qui, quelle que soit leur couleur ou leur parti, font la même politique ? La question n’est pas seulement celle du vote, mais celle des institutions. Pour les anciens grecs, être citoyen, c’était tour à tour commander et obéir. Ce n’était pas déléguer à une classe de gens qui par leurs relations leur passion du pouvoir et leur liaison avec les puissances de l’argent décide de tout sans en rendre compte à quiconque. Il faudrait donc en profondeur modifier les institutions et en particulier celles de la Vème République qui n’est qu’une monarchie élective. Après les départementales, rien ne va changer parce que le roi assis à l’Elysée en a décidé ainsi. La démocratie, ce n’est pas choisir son roi. C’est que le peuple décide de ses affaires.
D’autre part, vous pouvez examiner l’histoire : aucune réforme sociale ou politique profonde n’a été faite après un vote, une consultation des citoyens. Ce serait plutôt l’inverse. En 36, c’est la mobilisation sociale qui impose les congés payés et la limitation du temps de travail. En juin 68, c’est la consultation des citoyens qui enterre le mouvement de mai qui ne fut pas qu’un simple chahut étudiant mais un mouvement politique profond, avec la plus grande grève ouvrière de l’histoire. A la demande et avec la bénédiction des communistes bien sûr !
Je ne défends pas des positions anarchistes. Je suis et je demeure républicain, au sens où je crois que la liberté vient par la loi. Seulement il ne faut pas être dupe. Pas n’importe quelle loi. Et pas décidée par n’importe qui.
En ce sens, l’abstention a au moins le mérite de remettre en cause la légitimité des élus. Ce n’est pas une fin, j’en suis d’accord. On peut craindre même qu’une grande masse d’abstentionnistes soient tout simplement totalement dépolitisés. Le coup qu’on nous refera plus néanmoins, c’est les 80 % pour Chirac de 2002. En ce sens, l’abstention est aussi le signe d’un progrès et d’une conscientisation politique.