Il n’y a eu aucun recul de la part du gouvernement sur une réforme néo-libérale. Il y a eu ce qu’on appelle "une gestion de crise". Je ne crache pas sur les gilets jaunes. Je prends de la distance, c’est différent. Par rapport au mouvement, à leurs leaders et aux convictions, cultures politiques qui le traverse, le fonde. Et non par rapport aux individus qui le compose, qui sont des anonymes. Je ne m’emballe pas. Ma conscience politique est également confuse. Celle de Ruffin également, par exemple.
Non, au départ ce n’est pas un mouvement social. Qu’il se soit transformé en mouvement social, OK. Mais en gardant le cap toujours sur son idée de départ. Donc citoyen.
Rencontrer des GJ localement, je n’ai pas eu envie : il y avait dès le début beaucoup de drapeaux bleu blanc rouge dont j’ignorais la signification : Républicain ? Nationaliste ? Faf ? La Marseillaise également. Au delà, allais-je rencontrer des entrepreneurs, petits ou moyens, qui allaient me parler de charges. De fiscalité qui les écrase, etc.... Bref, dans la mesure où je continue à identifier ce mouvement comme un mouvement de droite (avec des accidents extrêmes-droitiers, des tentatives de propagande qu’on y laisse passer puisque ce mouvement est principalement basé sur "l’apolitisme"), je ne vois pas ce que j’irai y faire. Ces personnes n’ont pas besoin de moi et je n’ai pas besoin d’elles. Que la droite manifeste, pas de soucis. Elle en a aussi le droit. Que les entrepreneurs ne soient pas contents, pas de soucis. C’est eux qui voient.
Si j’allais rencontrer des chômeurs, des salariés, qui ont des revendications sociales, ce n’est pas sur les ronds-points que j’ai envie de les rencontrer. Parce que je n’ai pas envie de filtrer des voitures pour parler social. Je ne vois pas le rapport. Et les manifs mélangeant tellement de personnes en contradiction les unes-des-autres, je ne voyais non plus ce que j’aurais fait là. Pour la caricature, je me vois mal manifester avec des abrutis qui chante la Quenelle de Dieudonné sur le chant des Partisans. Ca ne me fait pas rire. Ca me donne la gerbe. Et je n’ai pas envie de porter le gilet jaune. Je ne suis pas pour l’unité à tout prix, et ni pour l’uniforme : un uniforme ça cache des individus différents, et ça les empêche de dire ce qu’ils pensent. C’est une injonction. Et je déteste les injonctions. C’est manifestement la Marseillaise et la Quenelle, certainement minoritaire certes, qui sont les plus chantées. Ou sinon, on ne chante pas. C’est à dire qu’il n’y a pas de chants communs à part ces 2 là. Je ne sais pas pourquoi les gens chantent la Marseillaise. D’autre part, je suis syndiquée. Alors qu’ils ne veulent pas de syndicats. Alors, certes, je ne suis pas le syndicat. Et ne m’amuserais pas à vouloir le réprésenter puisque je suis juste syndiquée et non représentante du syndicat. Mais j’aurais l’impression de faire de l’entrisme quand même. Les GJ veulent leur indépendance des partis et des syndicats (qu’ils disent) eh bien, grand bien leur fasse. Je ne pense pas comme eux.
Le gouvernement a tenté de "gérer la crise". Y est-il parvenu ? Aucune idée. Je n’ai pas tout compris à ce que le gouvernement a fait ; j’ai juste compris et retenu que sur la hausse du Smic c’est la prime d’activité qui va la payer. Bon, c’est déjà assez pénible d’être petit salarié et d’aller quémander à la CAF cette prime d’activité : ô combien libérale (merci Jospin). Et qu’il y a enfumage sur la CSG aussi. Et qu’en fait ce sont les salariés eux-mêmes qui payent ces "avancées". Pour le reste, les autres revendications sociales des GJ, je n’ai toujours pas compris la liste. Je crois qu’il n’y en pas qu’une. Il y en a plusieurs qui se contredisent également.