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Bourges Gilets jaunes- syndicats 05 février - epujsv - 5 février 2019 à 21:56

Hier, je n’avais pas percuté la formulation de la phrase : "Appel aux citoyens etc..." En dehors du fait que les GJ de Bourges appellent désormais une manifestation, une marche. Est-ce finalement en rapport avec la loi liberticide sur le droit de manifester ? Question.

Mais ce que je n’avais pas compris dans leur formulation, c’est qu’en fait, ils disaient que eux aussi, organisaient aujourd’hui au même endroit, même heure que les syndicats un rassemblement. Je crois que je n’aurais jamais pensé à ça. Jamais je n’aurais pensé qu’on puisse tourner les choses de cette façon qui veut signifier que comme par le plus grand des hasards, les gilets jaunes de Bourges appelaient place Séraucourt et que oh là là, les syndicats aussi. Fichtre, quelle surprise ! quel heureux hasard. Alors,tiens, si on faisait un truc ensemble. Oh ! puis c’est marrant, c’est la même date. Le 5 février. Ou, plus sérieusement, signifier un rapport de force envers les syndicats. Qui finalement n’a pas pris puisque de toutes façons ce sont les syndicats qui sont à l’origine de l’appel du 5 février. Et je voudrais pas dire, mais bon, la place Séraucourt c’st un petit peu depuis toujours que c’est le lieu de départ d’une manif syndicale. Et puis je réalise aussi, qu’ils appelaient des citoyens à la grève générale. On appelle pas des citoyens à la grève générale. Le droit de grève est fondé sur des préavis de grève que seuls des syndicats ou des salariés peuvent déposer avec revendications. Mais personne n’a le droit en tant que citoyen d’appeler d’autres citoyens à la grève. Quelle soit générale ou non.

Alors moi, mon inquiétude persistante envers les gilets jaunes, c’est qu’à force de tout tordre, où nous emmènent-ils tous ? Le début du mouvement des gilets jaunes a donc consisté à organiser des manifestations non déclarées, etc.... Où en sommes nous ? Une loi de plus liberticide envers les manifestations, manifestants, citoyens, luttes sociales. Alors évidemment on va me traiter de pauvre réac qui ne comprend rien à rien. Que la loi, c’est Castaner qui l’a voulue etc... Certes. Mais malgré tout, peut-être faudrait-il réfléchir, revenir sur ce qui a fini par provoquer cette loi. Qui d’ailleurs ne doit pas du tout contrarier le gouvernement que de la promulguer. Et est-ce réellement au nom d’une lutte sociale que les gilets jaunes n’ont pas respecté la liberté de manifester ? non. Ils n’ont jamais prononcé le mot de "lutte sociale". C’est citoyen..... Pour un RIC. Tout ça pour un RIC...et pour la démission de Macron.

Sur le droit de grève, idem. Maintenant, les GJ décrètent qu’ils appellent à la grève des citoyens. Ca veut dire quoi citoyens ? Ca veut dire rien dans le cadre du droit du travail. C’est le néant. Comme je le rappelais plus haut en échangeant avec Bombix qui se moquait de moi parce que je m’interrogeais sur le fait que l’avocat de Rouen appelle des chefs d’entreprise à la grève (générale et illimitée), merde alors, ce putain de droit de grève, il signifie quelque chose de réel et très important : c’est le fait que le salarié est un subordonné de l’employeur, donc du chef d’entreprise. Et qu’il lui vend sa force de travail. Et qu’à un moment, il peut arrêter de la lui vendre momentanément en se mettant en grève. Mais en aucun cas, un chef d’entreprise n’est en grève. Puisqu’il possède l’outil de production. Enfin, zut, c’est quand même le B.A BA, du rapport salariat/patronat. (et non ouvrièriste). Alors, qu’est-ce que c’est que ces citoyens jaunes qui appellent d’autres citoyens à la grève ? qu’est-ce qu’ils veulent ? qu’est-ce qu’ils cherchent à déformer dans le droit de grève et son sens essentiel ? qu’est ce qu’ils voudraient qu’on ait encore moins droit ? qui sont-ils ? sans déconner, c’est qui tous ces GJ ? de quoi s’inspirent-ils ? où vont-ils chercher toutes ces déformations de ce qui est ? pour les transcender en quelque chose qui n’existe pas et qui nous retombe tous sur la gueule ?

C’est incroyable. Les éléments de langage des GJ sont hallucinants. En fait, quand il y a une table, pour eux ce n’est pas une table. C’est certainement une planche avec 4 pieds Et encore. Je n’en suis pas certaine. Mais il n’y a pas qu’à Bourges qu’ils ont des des éléments de langages similaires. Sur Toulouse aussi. Sur le facebook, il y a des phrases types et quasi systématiques dès qu’ils relaient l’info d’une manifestation en dehors de la leur : "
"(nous ne sommes pas organisateurs, nous relayons l’appel de citoyens, ceci n’est pas une incitation à y participer. Aucun appel à la haine ni à la violence dans nos communiqués)" Et encore aujourd’hui, pour un blocage de rond-point : "‼️Blocage des camions péage de Toulouse Nord‼️ NB : Nous ne sommes pas organisateurs, nous relayons l’appel de citoyens. Ceci n’est pas une incitation à y participer. Aucun appel à la violence ni à la haine dans nos communiqués."

Et puis, ceux de Commercy - qui commencent à être autant connus que M. Nicolle, Drouet, etc.... et qui représenteraient la face gauche des GJ de par leurs assemblées populaires exemplaires, (au même titre que Toulouse et Marseille représenteraient la face gauche des GJ), suite leur appel à l’assemblée des assemblée- disaient dernièrement sur une des émissions d’Aude Lancelin qu’ils ne font jamais de politique. En balayant la question d’un revers de la main et comme si la question était saugrenue.

Bref, tout ça pour dire que le langage des gilets jaunes et leurs modes de représentations ne serait-ce que de l’évidence est toujours décalée. Toujours transformée. Ce doit être très difficile de discuter avec quelqu’un qui porte un gilet jaune. Je pense que j’aurais l’impression de parler avec quelqu’un qui est sous effet d’une secte.
Où on appelle plus un chat un chat. Sauf quand ça les arrange, ils reviennent à certaines réalités. Mais en transforment une autre immédiatement. Par exemple, au début du mouvement on parlait de blocage, mais ça voulait juste dire "blocage des ronds-points". Puis ils ont parlé de blocage de l’économie. Mais sans faire grève. Parce que le mot était banni. Grève était bannie de l’idéologie des GJ. Ca faisait trop rouge, trop à gauche, trop syndicats. Ils ont fini par adopter l’idée (3 mois quand même....) mais ils ne peuvent pas s’empêcher de transformer ce que ça signifie réellement, concrètement, légalement, historiquement, socialement, politiquement.

Ce sont de drôles de citoyens que ces GJ. Et ils se renferment sur eux mêmes. C’est un cercle dans lequel on ne rentre pas comme ça, et avec qui on échange pas comme ça. C’est opaque. C’est comme une nouvelle mouvance politique à laquelle il faut adhérer si on veut participer. Maintenant, dans la population, il faut compter avec une nouvelle sorte de personnes : les Gilets Jaunes. C’est hallucinant quand on y pense non ? on ne sait toujours pas ce que c’est. Une structure ? Ca y ressemble de plus en plus. Puisque pour revenir à leur phrase d’introduction à la journée d’aujourd’hui à Bourges, ils venaient eux aussi place Séraucourt en tant que structure autonome et appelante par rapport à l’appel à la grève d’aujourd’hui. Voire concurrente des syndicats. Je n’avais pas saisi la portée de leur phrase et la portée de leur appel à la grève d’aujourd’hui vis-à-vis des syndicats. Du syndicalisme. Je crois que je viens de comprendre un peu. Le Berry d’aujourd’hui, cite un GJ du Cher : " On est venu parce que finalement, nous partageons les mêmes revendications. Mais nous sommes derrière parce que la mentalité est un peu différente, chez les "gilets jaunes" et chez les syndicats. »
Mentalité un peu différente ? Est-ce vraiment uniquement de mentalité dont il veut parler. Mais peut-être que chez les GJ on dit "mentalité" à la place du mot "idées". ? ou peut-être à la place du mot "histoire". Ou à la place du mot " pratique ?" "méthode ?" "obligations" ? "réalités" ?

Et pour revenir à des chefs d’entreprises, artisans, commerçants, professions libérales, etc...qui sont dans la panade financière et qui peinent à joindre les deux bouts à cause du capital et de la répartition des richesses ; après tout, eux aussi ont des syndicats : le Medef, la CPME, syndicats des artisans, etc... Pourquoi donc un petit avocat de Normandie, quand bien même il porte un gilet jaune, se substiturait-il à ces structures censées défendre ceux qu’ils représentent. D’ailleurs Maxime Nicolle, dans cette même émission du Média, avec Aude Lancelin et les GJ de Commercy, tenait vraiment à rappeler que le mouvement des GJ n’est surtout pas ouvrier, parce que tout de même, il y a des chefs d’entreprises dedans. Faudrait quand même pas tout mélanger !


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