En Palestine, la Nakba n’est pas « un souvenir du passé » mais une tragédie qui se répète
’D’ordre militaire en ordre militaire, les autorités israéliennes ne cessent de pousser les habitants de Gaza vers le sud de l’enclave. En trois mois, ce sont près de deux millions de personnes qui ont subi des déplacements forcés successifs. Un écho, dans les mémoires, de l’épuration ethnique de 1948.’
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"Les images en couleur se superposent à celles en noir et blanc. Surtout, les scènes se répètent tant depuis le 13 octobre, jour où l’armée israélienne a intimé aux Gazaoui·es du nord de l’enclave de quitter la zone avant qu’elle ne soit détruite, qu’on a du mal à se dire qu’elles se déroulent dans un territoire qui fait 41 kilomètres de long et entre 6 et 12 kilomètres de large."
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"L’un des principaux « nouveaux historiens » israéliens, Ilan Pappé, démontre le caractère volontaire et planifié de la Nakba dans son ouvrage Le Nettoyage ethnique de la Palestine. « Quand il a créé son État-nation, le mouvement sioniste n’a pas fait une guerre dont la conséquence “tragique mais inévitable” a été l’expulsion d’une partie de la population indigène. C’est le contraire. L’objectif premier était le nettoyage ethnique de l’ensemble de la Palestine, que le mouvement convoitait pour son nouvel État », écrit l’universitaire."
Il est à noter que la résonance avec aujourd’hui pose problème à certains : son éditeur français, Fayard, désormais contrôlé par le milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré, a décidé de ne plus le proposer. C’est une autre maison, La Fabrique, qui le mettra de nouveau sous presse d’ici peu."
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"Quel mot sera adéquat si la population de la bande de Gaza, acculée à la frontière égyptienne fermée, bombardée, malade, affamée, finit par quitter l’enclave palestinienne d’une façon ou d’une autre ? Nour Odeh garde le silence un long moment, et finit par lâcher : « Ce serait au-delà de la Nakba. Il faudrait inventer un nouveau mot. Car ce serait la fin de la cause palestinienne. »"