"Et si la nouvelle censure culturelle était celle qu’on ne voit plus ?
Une œuvre interdite, une exposition vandalisée, un concert annulé : la censure possède encore des images faciles à reconnaître. Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création du ministère de la Culture décrit pourtant un déplacement plus discret. Projets modifiés avant la polémique, programmation ajustée par anticipation, financement devenu levier, décisions administratives difficiles à qualifier : l’atteinte la plus efficace pourrait être celle qui évite d’avoir à se montrer."
Actualitté, 08/08/2026
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Reste le paradoxe qui traverse tout le document. Plus l’entrave est brutale, plus elle est facile à identifier : une œuvre détruite, une menace, une salle bloquée laissent des traces. Plus elle agit en amont, moins elle produit d’événement. Le projet est modifié, l’invitation abandonnée, la programmation révisée, la controverse évitée. Rien n’a été interdit puisque, précisément, plus rien ne demande à l’être."