"Pourquoi les milieux d’affaires préparent leur ralliement à l’extrême droite
Alors que le Medef a longtemps appliqué un barrage républicain contre le RN, il reçoit ce lundi à déjeuner son président, Jordan Bardella. Les grands patrons anticipent désormais l’accession au pouvoir du parti. Ils sont aussi de plus en plus séduits par le capitalisme libertarien états-unien."
Médiapart, 20 avril 2026
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" Beaucoup se sont pris à penser que, pour surmonter la crise du néolibéralisme ouverte lors de la crise financière des années 2008-2010, et ouvrir de nouvelles perspectives d’accumulation du capital et des profits, il fallait avancer vers une dérégulation beaucoup plus radicale, et même se diriger vers un capitalisme sans la démocratie. En clair, ils se sont acclimatés à l’idée d’un pouvoir autoritaire, quand ils n’œuvrent pas à sa victoire.
C’est précisément pour cette raison qu’il ne faut jamais oublier la leçon de l’Italie de 1922, de l’Allemagne de 1933 ou du Chili de 1973 : sous le fascisme, il y a toujours le capital. Dans un livre précurseur paru en 1936, Fascisme et grand capital, l’écrivain révolutionnaire Daniel Guérin avait fait de cette réflexion le cœur de sa démonstration.
Il faisait valoir que si la haute bourgeoisie ou certains de ses cercles font le choix du fascisme, ce n’est pas pour mater une poussée révolutionnaire, c’est d’abord pour sauvegarder et augmenter leurs profits. En d’autres termes, le choix du fascisme résulte d’un problème interne au capitalisme.
« Le fascisme, de quelque nom qu’on l’appelle, risque de demeurer l’arme de réserve du capitalisme dépérissant », écrivait-il. Dit autrement, pour être efficace, le combat contre l’extrême droite doit se mener de pair avec celui contre le nouveau capitalisme qui vient."