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Pour un référendum sur la réforme des retraites - bombix - 18 novembre 2010 à 17:08

Bon, j’avais pas vu ce message là. Un forum, au bout d’un certain nombre de contributions, ça devient vraiment le bazar et plus personne n’y comprend rien.
Donc je vais répondre mais il faudrait sûrement être plus long.
 1) Je n’ai pas dit que rien ne servait à rien. Les manifestations pouvaient servir à qq chose, mais pas espacées de 10 jours, 15 jours à chaque fois, comme on l’a fait. C’est la manière d’organiser les manifs qui les a rendues inutiles.
 2) Des pétitions pour demander un référendum, alors que les textes qui autorisent le processus n’existent même pas encore (au moins, on aura pu constater dans notre échange un peu chaotique que la loi organique n’avait pas encore vu le jour) sont inutiles et contre productives. Elle canalise les énergies sur un projet qui n’aura pas de suite, et on le sait au départ.
 3) Même si elle n’est pas au pouvoir, l’opposition peut avoir une forme de responsabilité. Ne serait-ce qu’en n’encourageant pas la grève reconductible qui seule aurait pu faire plier Sarkozy. Car en démocratie, il faut pouvoir compter sur une force politique alternative quand on critique l’action d’un gouvernement. L’intervention d’Aubry a laissé comprendre que le PS, dans les faits, ne reviendrait pas sur le principe de la réforme. En France, on n’a pas le Parti unique, mais l’Alternance unique. D’où le blocage démocratique, évident pour moi.
 4) Internet ... joue un rôle dans la manière dont l’opinion publique finit par se représenter les choses. Ce n’est pas rien. Ce n’est absolument pas suffisant. Il me semble par ailleurs qu’internet n’a pas vraiment joué le rôle de contrepoids à la propagande médiatique dans les événements de l’automne 2010. Il faudra prendre cette donnée en compte. Par ailleurs, entendu sur France Culture, à méditer :

« La vraie tâche aujourd’hui, c’est précisément arriver à des ‘‘vacuoles de silence’’, arriver à vraiment rompre avec cette espèce de pression sociale – à tous les niveaux – qui nous force à parler, qui nous force à
donner notre avis » (Gilles Deleuze, extrait d’un Cours sur le cinéma à l’université de Vincennes, 4 mai 1982). [A mettre en parallèle avec cet autre texte de Deleuze (Pourparlers, Ed. Minuit, 1990, p. 177) : « (…) le
problème n’est plus de faire que les gens s’expriment, mais de leur ménager des vacuoles de solitude et de silence à partir desquels ils auraient enfin quelque chose à dire. Les forces de répression n’empêchent pas les gens de s’exprimer, elles les forcent au contraire à s’exprimer. »] (…) On avait tellement l’habitude de définir le pouvoir par la censure, par l’interdit, qu’il est très intéressant de voir que Deleuze comme Foucault (…) définissent le pouvoir par l’incitation, et même par l’excitation. Nous sommes dans une société, effectivement, d’excitation continue. »(Christian Godin, lors de l’émission : La fabrique de l’humain
(animé par Philippe Petit), jeudi 16 septembre 2010.)


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