Jean-René Louvet, l’inspecteur d’académie : « Nous nous sommes entendus pour que si contrôle il devait y avoir dans un collège, il soit systématiquement précédé d’une préparation avec les équipes éducatives et d’une rencontre pédagogique avec les élèves », explique-t-il, insistant sur « la bonne qualité des relations entre éducation, police, gendarmerie et justice dans le département ».
C’est un peu comme Darcos avec sa réforme. D’abord, il nous la joue bourrin et ça réagit pas bien ; alors on reprend les choses et on va présenter le même plat « précédé d’une préparation avec les équipes éducatives et d’une rencontre pédagogique avec les élèves »
Je suis assez surpris de tout ce bruit autour de l’affaire de Gers. Le département du Cher a eu son lot d’opérations policières dans les lycées dans les années 2002-2003. À l’époque, à ma connaissance, une seule pétition avait circulé dans un seul établissement de la ville de Bourges, et n’émanait pas d’un syndicat. Contactés, les responsables syndicaux officiels et dûment labellisés dans un gros établissement de notre bonne ville, avaient répondu« qu’il ne fallait pas faire croire à l’opinion que les syndicats enseignants jouaient la carte anti-prévention de la toxicomanie ». Ça n’a bien sûr pratiquement aucune incidence sur la prévention, comme le reconnaissaient les flics spécialisés dans la prévention de la MILAD ; le but recherché est tout à fait ailleurs : par ces opérations, on ne fait pas de la prévention, mais on fait croire d’une part « qu’on fait quelque chose » (beaucoup de profs et même de parents disaient : « mais enfin, vous critiquez, mais on ne peut pas rester sans rien faire » — faire n’importe quoi, c’est beaucoup mieux que ne rien faire : logique Shadock) et d’autre part on habitue les gens à la présence policière dans tous les lieux et sur tous les territoires, même ceux dont elle était écartée — l’école et l’université — selon une très ancienne tradition qui remonte au moyen-âge.
Tout cela s’inscrit dans une stratégie très nette de renforcement des dispositifs coercitifs (coercition douce) dans « les sociétés de contrôle » que sont devenues les sociétés modernes ; on pourrait rappeler le rôle fondamental joué par le terrorisme pour justifier l’accentuation de la présence policière un peu partout. Pourquoi le plan vigipirate est-il encore en vigueur ? Sinon pour habituer les gens à l’omniprésence policière.
Concernant la résistance des « cerveaux de gôche », la gauche est devenue « la gôche » en perdant son cerveau. C’est ainsi. Et ce n’est pas arrivé tout seul non plus. Elle continue de voter socialiste, et elle continue de lire Libération (quand elle lit quelque chose) Mais le PS d’aujourd’hui fournit des ministres à Sarkozy, et Libération — journal fondé par J.P. Sartre faut-il le rappeler ? — sert de boite de com’ au ministère de l’intérieur. Bon, c’est pas vraiment nouveau, et déjà sous July ... Nicolas et Serge sont de vieux amis.
On pourrait rappeler aussi les partenariats entre l’armée et l’école. Aujourd’hui, une école ou un lycée peut être "jumelée" avec une unité militaire. Vous avez entendu une réaction des syndicats représentatifs vous ? Monsieur Galut qui s’émeut de l’affaire du Gers et qui n’a rien dit en 2002-2003 quand tout cela se passait dans sa ville, nous écrira-t-il un petit billet sur son blog ? (*)
Certains chefs d’établissement zélés sont en avance. Engagez-vous, rengagez-vous, vous ferez des parcours de réussite ! Des fois ça se termine mal comme en Afghanistan cet été. Qu’importe : un petit discours, une médaille posthume, et tout rentre dans l’ordre ... nouveau.
(*) Allez encore une petite pique au PS : à l’époque, l’Inspecteur d’Académie en poste, homme fort estimable par ailleurs, ne cachait pas ses amitiés socialistes ... Comme quoi on peut avoir le coeur socialiste et faire appliquer sans état d’âme particulier les consignes de Sarko. Un fonctionnaire ... fonctionne, c’est bien connu.