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SANTA BARBARA AU PS-CHER / EPISODE 2

La bataille pour le Conseil Général

dimanche 17 avril 2005 à 11:05, par festen

Deuxième partie de notre feuilleton de politique locale. Le monde politique est un panier de crabes. Illustration dans le Cher avec le Parti Socialiste. Pendant ce temps, à Bourges, l’UMP se fend la gueule...

La bataille pour le Conseil GénéralDonc nous sommes au mois de Juin et tout semble baigner. Mais ce n’est qu’un faux semblant. Saulnier et Félix, en bons élèves des staliniens ont réussi à confisquer pour eux seuls, les postes qui revenaient aux socialistes élus au Conseil Général.

Saulnier contrôle les élus apparentés au PS (Beuchon et Rabineau, et de temps en temps Magnoux) et se charge des bonnes relations avec les frères... communistes (tout en gérant Méreau, nouvel élu socialiste que naturellement il a pris sous son aile pour mieux arriver à l’étouffer, un genre de beau gosse - le Galut d’il y a dix ans... - qui constitue un grand danger potentiel pour son ami le Galut vieillissant que Saulnier veut ré-imposer dans la troisième circonscription).

« Quand il vous sourit c’est qu’il vous baise, quand il pleure c’est qu’il jouit » disait Jacques Rimbault qui connaissait son affaire. Les membres du parti élus qui ne comprennent rien reçoivent des titres ronflants de présidents de commission qui n’apportent aucun pouvoir réel. A peine ont-ils en mains les délibérations au début qu’ils doivent faire voter.

Le seul qui pourrait un peu s’opposer à ce hold-up, c’est Rafesthain. Mais il faut savoir que Rafesthain a toujours refusé de s’occuper de la vie du parti socialiste dans le Cher et des jeux de pouvoir qui peuvent s’y dérouler. Il est monté à l’ancienne par la vie associative, par les mutuelles et l’éducation populaire. Il s’est toujours méfié comme la peste d’avoir à rentrer dans le jeu des chaises musicales qui sont l’ordinaire de ce parti. Pourtant Rafesthain devrait être du côté de Sapin, c’est à dire contre les Fabusiens et au premier rang contre Félix que Sapin et les élus socialistes ne supportent qu’en pîn’s et encore retournée ; il devrait être aussi contre les Renégats qui ont sciemment savonné la planche où Jospin est tombé en soutenant Chevènement dans le Cher. Renégats au premier rang desquels bien sûr, on ne peut mettre Jean-Pierre Saulnier. Il est bien trop malin.

Mais Rafesthain a un exécutif et il doit gérer. Accorder les personnes. Tu parles ! Cela veut surtout dire impressionner, sous un silence triste, ceux qui voudraient protester, qu’ils soient élus ou cadres et qui n’imaginaient pas la gauche se mettre en place de cette façon. Pendant ce temps, vu la gabegie générale, les communistes assurent leurs positions, occupent des bureaux et commencent, comme d’habitude, à constituer des dossiers.

Au conseil Général, on ne fait pas de politique, c’est bien connu. Socialiste surtout pas. Tout est tellement compliqué. Les fonctionnaires rigolent.

Mais Rafesthain n’est pas assez coulant. Les éminences n’en ont pas assez. Elles voudraient toujours plus, et considèrent ce qu’ont les autres comme quelque chose qu’on leur a retirée. Sur ce, Rafesthain, comme au début des Tontons Flingueurs, ramène alors une équipe de pas aimables pour un peu tout contrôler, façon barbouze et KGB.

L’homme fort s’appelle Dugois ex apparitchik prêts à cracher sur père ou mère et qui s’en vante. L’homme parfait pour faire le sale boulot. Le problème est qu’il ne connaît rien au Cher et que, questions relations humaines, il a encore du chemin à faire pour progresser. Il est lui-même contrôlé par un autre dont tout le travail est de rendre compte à Sapin.

Le Dugois est d’ailleurs, question gestion des ressources humaines, un grand caractériel. Après avoir été traités comme des malpropres plusieurs fois par monsieur c’est moi l’chef, les fonctionnaires ont décidé d’un bel accord que quand il y avait un problème, il n’avait qu’à se démerder.

Voilà un bout du.tableau et il faut avancer un peu : La politique du Parti Socialiste s’est entièrement réorganisée autour du seul lieu de pouvoir qu’elle était censé gérer.

Le pouvoir au Conseil Général étant totalement confisqué par Saulnier et Félix qui ne délèguent rien à personne et veulent tout gérer tout seul, c’est le parti lui-même qui s’est mis à tourner autour des compromis et des exigences de la politique du Conseil Général.

Il en est devenu si dépendant qu’il en a perdu toute réalité... Vu la majorité qui a été constituée sciemment, il n’y a au Conseil Général du Cher aucune volonté commune. Seulement des coalitions momentanées d’intérêts. Et c’est ce modèle auquel a dû s’adapter le parti.

Cela peut sembler curieux mais les limites et les enjeux de la lutte politique du parti socialiste épousent totalement les lignes de force et les contradictions de la ligne politique du Conseil Général. C’est à dire : les ambitions de Félix et de Jean Pierre Saulnier.

C’est le bordel. L’un baise, l’autre pas. Ce qui donne un équilibre... Mais ni plus ni moins qu’ailleurs. Jusque là, Félix, présidente du parti socialiste du Cher, dominait son affaire. Saulnier lui, représentait au Conseil Général les intérêts des industries de l’armement et des différentes sectes qui lui sont associées, et, vu son naturel bordélique, contribuait à tout désorganiser.

C’est là que Félix a tellement pété les plombs qu’elle a permis à Galut de revenir en scène et que Rafesthain, grand chantre du Oui, a donné au camp du Non, un permis de chasse sur les gens du Oui dont il s’est lui même excepté.

La suite au prochain numéro.