Archives
SANTA BARBARA AU PS-CHER / EPISODE 4

La bataille du Oui-Non, deuxième volet

samedi 30 avril 2005 à 12:24, par festen

Santa Barbara au PS. La suite et sans doute pas fin. Alors que le Conseiller Général PS, Henri Bernardet, démissionnaire, est la première victime du joyeux bordel habituel au sein du “premier parti de gauche dans le Cher”, revenons sur la génèse du “oui” et du “non” à la Constitution Européenne version “je t’aime moi non plus”. Attention, ça déménage !

La bataille du Oui-Non, deuxième voletAvant de commencer à amorcer les affaires du jour, il vaut la peine d’insister sur plusieurs éléments que nous n’avions pas eu l’occasion de développer dans les épisodes précédents. On sait que les socialistes passent leur temps, dans le Cher, à s’étriper. Songeons aux lamentables histoires Rousseau et Thiais (où l’on ne s’étonnerait pas de rencontrer les mêmes protagonistes) et à d’autres qui amuseraient beaucoup plus Alain Tanton que la lecture du Petit Prince.

La campagne interne du référendum a été, selon le point de vue d’où on regarde, soit étonnement sereine, soit étonnement atroce. Sereine du côté de Yann Galut et de ses amis de l’ex-gauche socialiste qui se sont réunis dans le camp du “non”, heureux de leur unité retrouvée. De ce côté, c’est la tolérance, la légèreté, le sourire. Atroce à l’intérieur du camp des amis et des anciens alliés d’Irène Félix. Pourquoi ? Parce que Irène Félix a cru à une tentative de putch à l’intérieur du PS du Cher. Expliquons.

Lorsqu’elle a pris sa décision de créer avec Laurent Fabius - avant Laurent Fabius, avons-nous dit - un point d’abcès dans le parti sur la question européenne, elle a cru que tous les militants du Cher dans le réseau qu’elle avait essayé de tisser depuis quinze ans, la suivraient aveuglément sans poser de questions et sans avoir d’état d’âme.

Impossible d’ailleurs de poser des questions, tant l’option était peu claire. Les amateurs seuls comprenaient que Fabius essaie de nous refaire le coup d’Epinay : alliance entre la droite du parti et l’extrême gauche, pour prendre le pouvoir. Il est vrai que Irène Félix, de par sa mentalité, ne connaît pas le mot scrupule qui fleure trop le catho de gauche ou l’écurie papiste.

Donc, elle s’est aperçue que certains militants avaient des scrupules et même des opinions. Et que sur cette histoire européenne, ils entendaient bien ne pas céder.

Et elle a été sur ce point particulièrement déçue. Elle qui ne s’explique jamais et qui fuit comme la peste tout débat d’idée, ce qui la fait chier largement, elle qui mène les êtres autour d’elle avec des demi-sourires dont seuls des ignorants pourraient se contenter ; elle a cru naturellement à un complot et réagi en conséquence.

Et elle s’est mise, en bonne agronome, à utiliser les méthodes de Lyssenko et de Mitchourine sans que personne ne lui ait dit que ce qui n’est pas bon pour le blé n’est pas bon non plus pour le parti. L’agitation de masse, suivie par la consolidation politique - c’est à dire l’élimination des suspects - mais on ne s’improvise pas Léniniste.

Déformation. Vacheries cachées, réunions secrètes. Comptage, décomptage. Promesses (avis aux amateurs : Irène Félix ne les tient jamais, comme a pu le constater Olivier Darbas). Comprenez. La droite du parti, les Fabiusiens (les idéologues, les bavasseux avec leurs motions à rallonge sont à l’extrême gauche), a normalement tellement l’habitude de se battre sur des histoires de personnes et d’appareil que, lorsqu’il s’agit de penser, elle se trouve tout d’un coup parfaitement démunie et préfère suivre ses chefs. Le reste étant trop compliqué. D’ailleurs, plus l’enjeu est important, plus les questions personnelles prennent de l’importance. Or ici, tout d’un coup, des gens commençaient à réfléchir, à discuter et voulaient s’engager pour le “oui” ou le “nom”, sur une intime conviction. Cela faisait longtemps.

Toute question socialiste normalement constituée ne commence à exister que lorsqu’on fait des listes de noms et un comptage dans le parti. Des abrutis écrivent des textes. Tout le monde s’en fout. Personne ne les lit. On va tout de suite aux signatures. Et on a bien raison. Or, il ne s’agissait plus de cela. Comment étouffer le débat ?

Les Fabiusiens qui n’ont jamais utilisé dans le parti des méthodes d’appareil, se donnent l’apparence du dogmatisme d’extrême gauche, mais cela sonne creux et faux parce qu’il manque la culture politique et sociale vivante, actualisée, qui lui donnerait une portée et une importance.

N’évoquons même pas les expressions de certains sur la Turquie. En face, les militants du "oui" qui croyaient pouvoir discuter n’ont absolument pas compris qu’il s’agissait d’une pure affaire de puissance, qu’aucun compromis n’était possible. Et ils ont pourtant passé six mois à le chercher. Mais l’affaire a ses limites parce qu’elle suppose de s’appuyer sur des militants qui n’aient aucune initiative personnelle. Or, Irène Félix a dû changer son équipe et utiliser des militants qu’elle n’a visiblement pas suffisamment testés.

Le ralliement au camp du "non" est apparu pour certains comme un sésame à partir duquel tout devenait possible. Des espérances politiques sont tout d’un coup devenues presque parfaitement légitimes. Tout ce qui est élu et pense “oui” pouvait d’une certaine manière être détrôné. L’éternel rêve des califes à la place du calife s’est mis en place. L’esprit du complot favorise les rêves de toute puissance.

Et naturellement, mettant la charrue avant les boeufs, certains y sont allés franco en attaquant des gens du camp du “oui”, croyant par là se faire bien voir du camp du “non”. Bien sûr, Irène Félix ne croira jamais à sa responsabilité. D’abord, le terme est totalement étranger à sa culture.

On se souvient de plusieurs militants et surtout parmi les jeunes du M.J.S, qui, faute de voir les limites, (que personne ne leur avait d’ailleurs précisées) ont joyeusement dans la presse, pété les plombs pour s’éliminer du parti peu de temps après.

Donc, certains ont cru que c’était arrivé. Et ils ont décidé d’avancer un peu l’heure de la distribution des prix en sy mettant au couteau. C’est là que les gens du “oui” ont commencé à crier et à se plaindre - en silence, s’il vous plait, il ne faut pas que les voisins entendent. Attitude suicidaire : les enfants battus ont toujours tendance à excuser d’abord leurs tortionnaires. La suite au prochain numéro.

commentaires
> La bataille du Oui-Non, deuxième volet - 1er juin 2005 à 13:30

La photo, c’est une assemblée générale de Nouveau Monde ?


#2250